Rafale en Belgique : La proposition française a mis Steven Vandeput dans une position délicate

Photo Défense belge

De retour après les vacances parlementaires, la commission de la Défense nationale a été l’occasion de longs échanges entre le ministre de la Défense Steven Vandeput et les députés sur le remplacement des F-16 et la contre-proposition surprise de la France et de Dassault avec le Rafale du début du mois de septembre. Cette dernière a eu surtout pour effet de donner de l’eau au moulin à l’opposition toujours très virulente sur ce dossier de quoi irriter un peu plus le ministre Steven Vandeput, qui se voit de nouveau attaqué et accusé de favoriser le F-35.

La proposition de Dassault et la ministre française des Armées Florence Parly a été vue en France comme un vrai coup de poker voire une idée de génie. En revanche, elle a plutôt surpris en Belgique et le ministre Steven Vandeput ne s’est montrée guère enthousiaste face à ce nouveau « désistement » qui pouvait être ressentie comme un manque de respect et un sentiment de supériorité français de pouvoir se permettre sortir du cadre légal. Sur ce point, le ministre a même été soutenu par le député Écolo Benoît Hellings pourtant un de ses plus farouches adversaires en commission: » En effet, la France ne respecte pas les règles fixées par l’appel d’offre: elle s’est montrée maladroite, négligente voire présomptueuse », a-t-il déclaré. Le député de la majorité Tim Vandeput (Open Vld) s’est montré plus sarcastique:  » Je tiens, par ailleurs, à souligner que la force aérienne n’a pas gardé que de bons souvenirs de notre dernière expérience avec les avions de combat français Mirage 5. » Histoire de rappeler à la France et Dassault qu’ils ne devaient pas croire que leur appareil était le meilleur et se chercher des excuses en cas d’échec.

« Je suis fatigué des insinuations. Les propos du CEO d’une entreprise qui n’est pas un interlocuteur direct de notre cellule ACCaP ne peuvent pas être utilisés pour prétendre que les spécifications ont été « orientées ». Seul le RfGP peut en apporter la preuve », a déclaré en commission le ministre Steven Vandeput passablement irrité d’entendre les députés de l’opposition répéter les paroles du CEO de Dassault insinuant que tout était fait pour favoriser le F-35. Depuis ces dernières semaines, le ministre est assez agacé de s’entendre dire que les dés sont pipés en faveur du F-35, raison pour laquelle Saab et Boeing se seraient définitivement retirés. A ses détracteurs, Steven Vandeput répond inlassablement qu’il attend les preuves formelles de ces accusations. On peut d’autant plus comprendre que la proposition de Dassault  ne l’ait pas vraiment ravi alors que le Rafale était présenté comme un concurrent sérieux au F-35. Ce désistement, accentué par le fait que Dassault décide de ne pas réellement se retirer mais de contourner la procédure, est considéré comme bien plus grave par l’opposition que celui de Saab et Boeing.

Comme le disait Joseph Henrotin dans une interview sur ce blog, la concurrence était plus ouverte que ce que certains ont bien voulu dire et le Rafale avait réellement ses chances.  Dassault et la France ont peut-être sous-estimé le contexte politique interne belge, leur décision mettant le ministre Steven Vandeput sous le feu des critiques de l’opposition. Toujours est-il qu’en voulant sortir du cadre du RfGP, ils ont sans doute perdu leurs dernières chances de remporter le contrat.

 

2 commentaires

  1. Que la Belgique arrête de ménager la susceptibilité de tous et chacun. Le F-35 est de très loin le meilleur choix qui assure au mieux la défense du pays. La Belgique n’est pas tenue de faire preuve de patriotisme européen au prix de sa sécurité.

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    • Et il suffit de voir votre « pseudo » pour comprendre toute l’impartialité et le recul que vous avez sur la situation… ridicule! Le F35 n’a jusqu’à présent respecté AUCUNE de ses promesses (maniabilité poussive à basse vitesse, retards de conception, problème d’implémentation logicielle, retards de livraison aux pays qui ont passé des commandes, échecs face à des avions d’ancienne génération dans les simulations de combat rapproché… faut il vraiment poursuivre la liste des échecs de cet appareil?

      Le ministre peut bien parler de la « mauvaise expérience » avec les Mirage 5 mais qu’ils n’oublient pas non plus la catastrophe qu’a été le F104… produit justement lui aussi par Lockheed et acheté les yeux fermés par la Belgique!

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