En une décennie, l’armée belge a subi de profondes transformations

En dix ans, l’armée belge a perdu près de 10.000 hommes (crédit-photo Daniel Orban/BE Défense)

Entre 2010 et 2020, l’armée belge a subi de profondes transformations.

L’armée belge a perdu 10.000 hommes en dix ans

En dix ans, les effectifs de l’armée belge ont fondu comme neige au soleil. En 2010, on comptait environ 37.000 militaires. En 2020, la perte d’effectifs atteint les 10.000 hommes par rapport à 2010 soit une baisse de 37%. La saignée est énorme dans un temps réduit. Les plans successifs de Défense n’ont cessé de diminuer le personnel. Le plan de restructuration de 2009, présenté comme la finalisation de la transformation de l’armée débutée dans les années 90, fixait pour objectif un contingent de 34.000 hommes fin 2012. Sauf qu’en 2011, l’accord gouvernemental redéfinit les objectifs de réduction des effectifs, à savoir 32.000 personnes à l’horizon 2015. En 2016, la vision stratégique du ministre Steven Vandeput décide à nouveau de réduire les effectifs de l’armée belge à 25.000 hommes d’ici 2030, compensant cette perte de 5.000 hommes par de l’outsourcing. Parallèlement, les départs à la pension vont être nombreux.

Créée en 2011, la Brigade Médiane laisse place à la Brigade Motorisée en novembre 2018 (crédit-photo Malek Azoug/BE Defense)

Une restructuration importante pour la Composante Terre

Structurellement, l’année 2011 voit le passage à deux brigades pour la Composante Terre avec la création de la brigade légère et la dissolution de la 7ème brigade. La même année, la 1ère brigade devient la Brigade Médiane. Sept ans plus tard, ces deux brigades sont à nouveau restructurées pour donner le Special Operations Regiment et la Brigade Motorisée.

Ce sont les unités de la Composante Terre, qui subissent le plus de transformations. Trois bataillons logistiques (le 8ème à Namur-Belgrade, le 20ème à Heverlee et le 51ème à Sijsele, près de Bruges) sont dissous en 2011. Il ne reste plus que trois bataillons logistiques. Le 6 Group CIS (Systèmes de Communication et d’Information) reçoit le personnel des unités dissoutes des 2 et 5 Groupes CIS en 2010 et 2011. En 2012, le Special Forces Group, basé à Flawinne, déménage à Heverlee afin de se tourner plus vers la Flandre pour le recrutement.

D’autres unités fusionnent pour ne créer qu’un bataillon: le 3ème bataillon de parachutistes avec le 1er bataillon de Parachutistes de Diest (2010) et le 12/13 de Ligne (2011). D’autres unités passent du statut de régiment à celui de bataillon: régiment des Carabiniers Prince Baudouin – Grenadiers (2010), régiment des 1/3 Lanciers (2010), régiment Libération – 5 Ligne (2011) et le régiment des Chasseurs Ardennais, qui avait déjà fusionné trois unités (1,2 et 3).

Le lieutenant-colonel Jan Abts est le premier chef de corps du bataillon ISTAR et restera jusqu’en mai 2014 (crédit-photo IPR bataillon ISTAR)

Des unités voient le jour. Ainsi le 4 juillet 2011, le 1er régiment de Chasseurs à Cheval-Guides et le 2/4 régiment de Chasseurs à Cheval fusionnent pour former le bataillon de Chasseurs à Cheval (ISTAR), qui devient la seule unité de reconnaissance de l’armée belge mais aussi la seule unité bilingue d’où sa localisation à Heverlee. En octobre 2009, la Défense dissout toutes ses unités d’artillerie pour ne former plus qu’un seul bataillon d’Artillerie, crée le 1er juillet 2010 et basé à Brasschaat. Elle ne possède alors plus d’artillerie antiaérienne. En 2017, elle a tiré pour la dernière fois un missile avec le système d’armes Mistral.

D’autres Composantes moins touchées

Les restructurations sont moindres dans les autres Composantes mais restent significatives. En septembre 2010, le  Wing Hélicoptères de Bierset déménage à Beauchevain pour intégrer le 1er Wing. Le 80 UAV Squadron commence son déménagement d’Elsenborn en décembre 2010 pour Florennes sur la base du 2 Wing Tactique. Le 3ème EMI (Élément Médical d’Intervention) est créé en 2011 à Marche-en-Famenne. Depuis, la Composante Médicale a entamé sa réorganisation avec la vision stratégique du ministre Steven Vandeput. Mi-juillet 2018, les 1er et 4ème EMI ont fusionné pour donner la création du 14ème Bataillon Médical, dont l’Etat-Major se situe à Peutie, en septembre 2019.

La capacité de chars de l’armée belge a définitivement disparu en 2014 (crédit-photo Jürgen Braekevelt/BE Défense

Disparition d’une capacité de chars

Une période se termine pour l’armée belge avec le retrait du service des derniers Léopard en juillet 2015. Cela signifie tout simplement la fin d’une capacité totale et définitive au sein de la Composante Terre. Cette décision remontait à 2003. Une cérémonie officielle est organisée le 10 septembre 2014 à Bergen-Hohne en Allemagne avec le dernier tir d’obus tiré depuis un char Léopard par des militaires du bataillon Carabiniers-Grenadiers et du Libération – 5 Ligne. Quelques années auparavant en 2011, l’armée néerlandaise tirait également un dernier obus depuis un char Léopard. Contrairement à la Belgique, les Pays-Bas ont décidé cinq ans plus tard de réintroduire le char Léopard en coopération avec l’Allemagne.

Ce bref tableau, non-exhaustif, montre que l’armée belge a subi une fonte de ces capacités en dix ans comme aucune armée européenne. Pour la prochaine décennie, des investissements ont été consentis mais pour le remplacement de matériel déjà existant et parfois à la baisse. Il n’est pas question d’inverser la tendance ou de recréer véritablement des unités. En 2010, la Belgique consacrait 1,08% de son PIB à la Défense contre 0,93% en 2019, faisant d’elle l’avant-dernière des pays de l’OTAN.

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