Quel est ce futur hôpital de campagne de la Défense au centre de l’actualité ?

Un rôle 2 belge du 3 EMI lors de l’exercice de l’OTAN Vigorous Warrior en avril 2019 (crédit-photo Composante Médicale)

Pour tout savoir sur le futur hôpital de campagne de la Composante Médicale.

Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, a malgré lui remis sur la table la question de l’hôpital de campagne de la Défense. Les services hospitaliers de la ville font face à une très grande pression et pourraient ne plus pouvoir accueillir tous les malades. Le contour exact de cet hôpital de campagne reste vague. Sur le site L’Echo, Willy Demeyer parle de réquisitionner les locaux de l’ancien hôpital Saint-Joseph pour y établir un véritable hôpital de campagne avec l’aide logistique de l’armée. Cela signifie-t-il que l’armée transportera du matériel ou bien devra fournir le matériel  ? Les moyens proposés sont des tentes et des containers mais rien de plus.

Actuellement la Composante Médicale n’a plus d’hôpital de campagne d’où la réponse du numéro deux de la Défense, le général-major Marc Thys, sur son compte Twitter: « Quel hôpital ? » Le précédent hôpital de campagne de la Défense a été déployé entre 2006 et 2009 au Liban et est désormais dépassé et inutilisable. Depuis il n’a pas été remplacé et le dossier n’a été lancé qu’en 2016 dans la vision stratégique du ministre Steven Vandeput. Cependant, la procédure de marché public a débuté en novembre 2018 et le marché attribué au consortium franco-britannique UTILIS-G3S en décembre 2019 pour un montant de 12 millions d’euros. L’initial operational capable (IOC) est prévue en 2022 et le full operational capable (FOC) en 2026. La Défense ne peut donc pas déployer une telle infrastructure.

Il s’agit d’un hôpital de type rôle 2. Selon les définitions de l’OTAN, un rôle 2 est une « capacité de réponse chirurgicale initiale » capable d’effectuer des interventions chirurgicales, de recevoir et de trier les blessés, ainsi que de réanimer et de traiter les patients en état de choc à un niveau plus élevé que le rôle 1 où les victimes sont examinées en premier lieu par une équipe spécialisée dans la médecine d’urgence. Il s’agit donc d’une étape intermédiaire avec le rôle 1 avant que le blessé ne soit transporté vers un hôpital avec plus de moyens. « Aucun investissement spécifique n’est prévu pour une capacité belge de rôle 3 », détaille la vision stratégique. Au mieux, la Belgique intégrera ponctuellement du personnel médical spécialisé dans une capacité internationale de rôle 3. Seuls l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont des capacités de rôle 3 en Europe.

Le futur hôpital de campagne belge en module basic et en module « Enhanced » (crédit-photo BE Défense)

L’hôpital de campagne belge se déclinera en version plus basique et plus mobile. En module basique, il devra être capable de traiter 8 cas chirurgicaux par 24 heures avec une équipe chirurgicale (module surgery). Ce chiffre devra pouvoir monter à 12 patients en cas d’afflux massif de blessés et ce pour une durée limitée. Avec le set de module « Enhanced », 16 patients gravement blessés pourront être opérés par 24 heures avec deux équipes chirurgicales et ce chiffre devra pouvoir monter à 24 patients en cas d’afflux massif de blessés. Le rôle 2 « Enhanced », dispose aussi de capacités supplémentaires comme une dentisterie, un module d’isolation en cas de maladies infectieuses, un module « Mental Health Care », un laboratoire et une capacité de physiothérapie entre autres. Sa capacité n’aurait donc pas été non plus énorme selon la configuration qui aurait pu être choisie s’il avait été déployé.

L’hôpital de campagne, déployé par l’armée française à Mulhouse en mars dernier, comprenait cinq structures modulaires sous tente, abritant six lits chacune, soit une capacité maximale de 30 lits. Sa superficie était de 1.000 m². Son fonctionnement était assuré par une centaine de personnel militaire (10 médecins et 60 à 70 soignants). L’armée avait dû adapter ses infrastructures pour accueillir des patients covid-19 puisqu’un hôpital de campagne en temps normal soigne des blessés de guerre. Le tout avait été exécuté dans un laps de temps d’une semaine.

« Nous n’avons pas une réserve inépuisable », expliquait le général-major Pierre Neirinckx, commandant de la Composante Médicale, sur le site Medi-Sphere. C’est pourquoi le soutien de la Défense sera limité tout comme ses capacités le sont. « Avec un budget de la Défense minimaliste, l’outil de défense belge n’est plus du tout pensé aujourd’hui pour une opération nationale de secours en cas de catastrophe. L’intervention des militaires pourra être utile, mais sera marginale », indiquait un connaisseur sur le site L’Echo. Il en est de même pour l’Hôpital Militaire Reine Astrid dont l’avenir a été longtemps en suspens avec une éventuelle fermeture. Heureusement qu’il n’en a rien été.

4 commentaires

  1. Les cabinets de conseils en costards cravates qui sussurent à l’oreille des décideurs politiques ont oeuvré dans la réduction des moyens de la composante médicale des armées pour juste soutenir les opérations militaires et non pour être l’assurance vie de la nation:
    https://www.ifrap.org/etat-et-collectivites/crise-sanitaire-quel-soutien-medical-du-service-de-sante-des-armees

    https://www.ifrap.org/emploi-et-politiques-sociales/service-de-sante-des-armees-revenir-au-service-des-militaires

    Un discours qui sait se faire séduisant:
    https://www.latribune.fr/opinions/service-de-sante-des-armees-la-medecine-de-l-avant-ici-et-maintenant-852960.html

    Car aucun soldat n’irai au combat s’il n’avait pas un espoir d’être secouru si ça se passe mal:
    https://forcesoperations.com/une-antenne-chirurgicale-de-4e-generation-pour-le-ssa/

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