Point de situation sur les nouveaux chasseurs de mines

Le premier chasseur de mines arrivera en 2024 (crédit-photo Belgium Naval & Robotics)

Point de situation sur les nouveaux chasseurs de mines.

De nombreuses annonces ont été publiées récemment concernant les équipements embarqués dans la nouvelle classe de chasseurs de mine des marines belge et néerlandaise, annonces dont nous avons essayé de vous tenir informés. Cet article a pour but de faire un point sur celles-ci, en les regroupant par thèmes.

Le radar SCANTER 6000 du danois Terma

Radars et sonars

L’entreprise française iXblue fournira son sonar FLS (Forward Looking Sonar) 60, un appareil conçu pour la détection de mines et d’obstacles. En octobre 2020, lors de la signature d’un contrat entre ECA Group et iXblue, il avait été annoncé que les USV (drones de surface) embarqués par cette classe seraient équipés du modèle FLS 150, dédiés à un embarquement sur de plus petites plateformes.

Pour les radars embarqués, le danois Terma a été choisi pour fournir le radar SCANTER 6000 pour l’ensemble de la classe. Ce radar est déjà en service sur le porte-avion Charles de Gaulle ou les frégates danoises et prévu sur les futures frégates britanniques. Le SCANTER 6000 est un radar de surveillance de surface en bande X. Il  peut détecter les contacts aériens jusqu’à 27 km de distance et 1,8 km d’altitude. Sa portée de détection en surface peut dépasser les 175 km.

Pour la détection aérienne à longue portée, Thales fournira son NS50, un radar 4D multifonction capable de détecter des cibles aériennes jusqu’à 180 km et de surface jusqu’à 80km.

Chess Dynamics fournira quant à lui deux radars Sea Eagle FCEO (Fire Control Electro Optical). Il s’agit d’un  système électro-optique de contrôle de tir optimisé pour les tirs d’artillerie navale contre des cibles terrestres, aériennes ou de surface. Ces systèmes seront intégrés avec les autres senseurs du navire ainsi qu’avec le système de management de combat. Le radar comprend en outre une caméra thermique haute puissance, une caméra HD et un télémètre laser.

Le drone de surface INSPECTOR 125 d’Eca Group est le cœur du système (crédit-photo Eca Group)

 Guerre des mines

Tous les systèmes de guerres des mines sont intégrés dans la toolbox développée par ECA Group qui comprend toute une panoplie d’engins.

Le drone de surface INSPECTOR 125 est le cœur du système. Cet engin peut être déployé en configuration de détection ou MIDS (Mine Identification and Disposal System). Chaque chasseur de mine pourra embarquer deux INSPECTOR 125.

Pour le volet détection, l’INSPECTOR 125 embarquera soit le AUV (Autonomous Underwater Vehicle)  A-18M, soit le sonar remorqué T-18.

Pour le volet identification-neutralisation, les ROV (Remotely Operated Vehicle) SeaSCan et K-Ster pourront être embarqués par l’INSPECTOR 125.

ECA Group fournira 17 INSPECTOR 125 aux marines belge et néerlandaise à partir de 2023.

Grande nouveauté de cette classe de bâtiments, des drones aériens seront embarqués. Le modèle sélectionné est le V200 de l’entreprise UMS SKELDAR, qui est une joint-venture entre le suédois Saab et le suisse UMS AERO Group. Le V-200 est un UAV dédié aux opérations maritimes et qui est conforme au STANAG 4586. Avec ses propres capteurs et son endurance, ce drone améliorera grandement le processus de détection de mines et renforcera la sécurité de la mission.

Le canon Bofors 40 Mk4 de BAE Systems équipera les nouveaux chasseurs de mines (crédit-photo Navy Finland)

Armement

La canon Bofors 40 mk4 de 40 mm composera l’équipement principal des nouveaux navires, ce qui constitue une nette montée en puissance par rapport à la classe actuelle uniquement armée d’une mitrailleuse de 12,7 mm.

La FN Herstal équipera les nouveaux chasseurs de mines de poste de tir téléopéré Sea DeFNder équipés de mitrailleuses M2HB-CQB de 12,7 mm.

Les communications du navire seront fournis par Saab (crédit-photo Saab)

Divers

Communication

Saab fournira les systèmes de communication des navires via son système TactiCall integrated communication system (ICS).

Systèmes de navigation

iXblue fournira également les systèmes de navigation de l’ensemble des plateformes navales du programme MCM, tant les bâtiments-mères que les drones de surface ou sous-marins ainsi que celui des sonars remorqués.

Ligne d’arbre et hélices

Les lignes d’arbre et les hélices seront produites par deux entreprises d’EMENASA Group, rassemblement de douze entreprises espagnoles actives dans le domaine de la construction navale : BALIÑO fournira les lignes d’arbre (et principaux composants liés) qui seront fabriquées à Vigo (Espagne) tandis que FUNDIVISA forgera les hélices à Arousa (Espagne).

Groupes électrogènes

La société gantoise ABC (Anglo Belgian Corporation) va équiper chaque chasseur de mines de 3 groupes électrogènes

L’entreprise belge Brusselle Carral Marine a été sélectionnée pour fournir les treuils d’ancrage et d’amarrage électriques des futurs chasseurs de mines belges et néerlandais (crédit-photo Naval Group)

Équipement de pont

Brusselle Carral, basée à Zeebrugge, sera responsable de la conception, de la construction et de la livraison des treuils d’ancrage et d’amarrage électriques pour les douze chasseurs de mines.

HVAC

Les systèmes HVAC (Heating, Ventilation and Air-Conditioning) ainsi que les chambres froides des 12 bâtiments seront fournis par ENGIE Solutions. Sont également compris un système de production d’eau douce ainsi qu’un système assurant une protection NBC (nucléaire, biologique, chimique).

La livraison du premier bâtiment est attendue pour 2024. À partir de 2025, des navires seront ensuite livrés en alternance à la Belgique et aux Pays-Bas, six pour chaque pays. La dernière livraison aura lieu en 2030.

3 commentaires

  1. Je suis vraiment impressionné par l’investissement accompli dans la conception de ces Chasseurs de Mines.
    Équipés de la crème des technologies européennes, de drones même aériens, ils sont vraiment novateurs et anticipent bien, à ce qu’il me semble, les menaces futures. Notamment question armements, quelle évolution !

    C’est surtout appréciable en Belgique où on a moins l’habitude, je trouve, de se permettre un cahier des charges si complet.

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