Il y a 70 ans le baptême du feu en Corée pour le Corps de Volontaires belgo-luxembourgeois

Le bataillon belge-luxembourgeois s’est illustré lors de trois batailles majeures: Imjin, Haktang-Ni et Chatkol(photo de la collection de padre Vander Goten)

Il y a 70 ans le baptême du feu en Corée pour le Corps de Volontaires belgo-luxembourgeois.

La guerre avait éclaté près d’un an plus tôt, le 25 juin 1950 avec l’invasion de la Corée du Sud par les armées nord-coréennes. Séoul est prise trois jours plus tard. L’ONU réagit, l’armée américaine se déploie et prend la tête de la coalition avec l’aval de l’ONU. La Belgique décide le 25 août 1950 d’envoyer un corps expéditionnaire qui ne peut être composé que de volontaires (la Constitution empêchant l’envoi de miliciens). Plus de 2 000 candidats se présentent. Le 18 septembre 1950, les premiers entrainements débutent pour les officiers et sous-officiers. Début octobre, environ 700 volontaires rejoignent Bourg-Léopold pour former le bataillon qui prend la dénomination officielle de Corps de Volontaires pour la Corée. Un peloton luxembourgeois rejoindra le bataillon peu de temps après.

Le 18 décembre 1950, le bataillon quitte la Belgique à bord du mythique Kamina et arrive en Corée le 31 janvier 1951. Le 20 avril, le bataillon se positionne sur la rivière Imjin, à une trentaine de kilomètres de Séoul. Il est alors rattaché à une brigade britannique. À peine deux jours plus tard, le 22 avril en début de soirée, une patrouille belge engage le combat avec l’ennemi à deux kilomètres des positions du bataillon. L’ennemi semble tenter de s’infiltrer. À 3 heures du matin, un premier assaut frontal est lancé par les Chinois mais échoue. Les différentes compagnies du bataillon subissent des attaques. Une section envoyée en reconnaissance tombe dans une embuscade et 6 hommes sont capturés (leurs corps seront retrouvés en mai lorsque les positions chinoises seront reconquises). Dans la matinée du 23, un peloton de chars américains est envoyé en renfort pour permettre aux troupes belges de se replier sur de nouvelles positions.

La journée du 24 avril est relativement calme pour les soldats, surtout comparée à celle de leurs camarades britanniques qui subissent de lourdes pertes, particulièrement le 1st Battalion Gloucestershire Regiment (Gloster’s) qui, isolé sur une colline, voit 56 de ses hommes être tués et plus de 500 être faits prisonniers. Le 25 avril, le haut commandement ordonne le retrait de l’ensemble de la brigade vers une nouvelle position défensive. A l’issue de la bataille, le bataillon belge déplore douze morts et trente blessés.

Plus de 100 militaires belges ont perdu la vie en Corée (photo de la collection de padre Vander Goten)

Les troupes alliées, qui regroupaient plus ou moins 4 000 hommes ont affronté trois divisions chinoises totalisant près de 24 000 soldats. Ils se battaient donc à 1 contre 6. L’assaut sur la rivière Imjin faisait partie de l’offensive de printemps prévue par l’armée chinoise qui avait entre autres pour objectif de reprendre Séoul et de rejeter les forces de l’ONU hors de la péninsule. La résistance sur la rivière Imjin a empêché une percée du front par les Chinois et a permis aux forces de l’ONU de s’organiser afin d’établir une nouvelle ligne de défense et de contrer l’offensive chinoise.

Seuls 3.171 Belges et 78 Luxembourgeois ont combattu en Corée jusqu’en 1953, où près d’une centaine sont morts et 478 blessés. L’intérêt pour ce conflit reste limité en Belgique. Il a fallu attendre 1996 pour que les vétérans de cette guerre obtiennent une reconnaissance nationale du ministre de la Défense.

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