Les industries de défense belges dans la recherche du futur missile européen

Les entreprises de Défense ont une réelle opportunité dans la recherche du futur missile européen (crédit-photo Belga)

Les industries de défense belges dans la recherche du futur missile européen. 

En 2019, la Commission européenne a lancé neuf appels à projets dans le cadre du programme EDIDP (European defence industrial development programme – Programme européen de développement industriel dans le domaine de la défense). Ces projets, financés par l’Union européenne doivent encourager les industriels européens à travailler ensemble afin de trouver des solutions innovantes pour combler les besoins futurs des armées européennes. Les appels lancés en 2019 comprennent tant les drones (terrestre et aérien) que le combat aérien, la cyberdéfense ou encore les plateformes navales du futur.

Le 15 juin, la Commission européenne s’est prononcé en ce qui concerne le projet « Upgrade of current and development of next-generation ground-based precision strike capabilities » qui vise à soutenir les premières étape du développement d’un missile anti-char à tir au-delà de vue direct (BLOS – Beyond line of sight). Sans grande surprise, le missilier français MBDA en tant que coordinateur du projet LynkEUs a été sélectionné. Cette étude doit durer deux ans et l’Union européenne le financera à hauteur de plus de 6,5 millions d’euros. Le MMP (missile moyenne portée) servira de base au projet. Ce missile remplace les missiles Milan et équipera notamment les Jaguars dans l’armée française et devrait équiper l’armée belge dans le cadre du programme CaMo à partir de 2025. En plus d’équiper les Jaguar belges, le MMP devrait également remplacer les moyens anti-char en service dans la Composante Terre (Spike notamment).

Le projet LynkEUs regroupe d’ailleurs un nombre important d’industriel belges : la FN Herstal, John Cockerill (ex CMI Défense) et Thales Belgium pour ne citer qu’eux. L’Ecole Royale Militaire s’impliquera également dans le projet. Le concept LynkEUs a déjà été présenté au salon SOFINS 2019. Cet événement français dédié aux forces spéciales est souvent l’occasion de découvrir les futurs innovations technologiques qui équiperont nos forces armées. L’année passée, MBDA avec le spécialiste des drones Novadem, avait présenté la concept LynkEUs devant permettre à un chef de section de récupérer les images d’un drone et de les exploiter afin d’effectuer un tir en dehors du champs de vision.

Selon MBDA, le projet, tel que financé par l’UE, « offrira également l’opportunité d’identifier et d’expérimenter de nouvelles solutions émergentes susceptibles de contribuer aux évolutions futures de cette capacité opérationnelle et sera sanctionné par une campagne d’essais ». Pour les acteurs belges, il s’agit d’une réelle opportunité d’apporter leur expertise déjà reconnue dans leur domaine (les tourelleaux téléopérés pour la FN Herstal et les tourelles pour John Cockerill par exemple) et de rester à la pointe de l’innovation.

14 commentaires

  1. Si c’est un missile dans le genre A400M Luxembourgeois ( 20 années de mise au point ) qui devait être livré déjà hier mais encore et encore remis à plus tard cet engin  » LynkEUs » n’est pas encore prêt à atteindre sa cible ! 🎯

  2. Si c’est comme pour le A400M Luxembourgeois( 20 ans de mises au point ) qui devait être livré hier , cet engin LynkEUs n’est prêt encore à atteindre sa cible 🎯 et nos nouveaux blindés risques bien d’en faire les frais une fois encore ! ( des canons qui ne peuvent tirer ) 🧨

  3. Comme projet avec un financement européen, il y a donc ce missile anti-char:
    https://forcesoperations.com/feu-vert-politique-pour-le-projet-de-missile-antichar-europeen/

    Un autre projet de missile, tiré depuis un hélicoptère ou l’éventuel Eurodrone:
    https://forcesoperations.com/le-programme-mast-f-devrait-passer-la-seconde-en-2020/

    Et des jumelles de vision nocturne (dirigé par un belge):
    https://forcesoperations.com/un-belge-a-la-tete-du-programme-nvc-de-loccar/

  4. Le MMP est un missile, très couteux, lent , de portée intermédiaire, doté d’un liaison de données bidirectionnelle, dont la mise en œuvre nécessite un environnement complexe destiné à repérer identifier et marquer précisément la cible. La pertinence de ce concept , qui répond à la volonté de garder le contrôle du missile jusqu’à l’impact peut être discuté.

    Les conflits modernes tendent à mon avis à envisager une segmentation de la lutte antichars/anti véhicules en trois strates :
    – Des missiles d’infanterie légers à courte portée (2kms -tir à vue) rapides et « fire and forget » qui n’exposent pas le tireur, d’une utilisation simple sans environnement dédié, dont le prix raisonnable permet un déploiement en nombre ;

    – Des munitions rodeuses à moyenne portée (jusqu’à 60 kms), sans nécessité de vélocité, qui visent des zones de concentration d’objectifs, ces derniers étant identifiés et individualisés directement par la munition lors de son arrivée sur zone, avec un impératif de cout maitrisé pour une utilisation en masse ;

    – Des missiles à moyenne/longue portée (+60kms) et haute précision, restant légers (-150Kgs) et donc facilement déployables en complément de l’artillerie classique, pour les cibles de haute valeur (cf le Polyphem mort-né) .

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