Quelles conséquences pour la Défense avec la crise politique

photo Belga

La crise politique s’éternise depuis quelques jours au sein du gouvernement autour de l’approbation du Pacte sur les Migrations. La chute du gouvernement n’est plus tabou dans la presse. Tous les scénarios possibles sont évoqués au milieu de cette incertitude avec quelles conséquences pour la Défense.

A l’heure actuelle, la politique suit son cours. Encore hier, le gouvernement approuvait l’envoi de militaires belges en Estonie lors de son Conseil des Ministres. « Le plan des opérations 2019 et le plan renseignement 2019 ont été approuvés et tous les autres chantiers (ressources humaines , infrastructures, …) poursuivent leur voie normale, y inclus le fonctionnement quotidien », nous confirme Concetto Bandinelli, chargé de communication au syndicat ACMP-CGPM. En revanche si on venait à avoir un gouvernement en affaires courantes en attendant des élections et la formation d’une nouvelle coalition, certains dossiers prendraient du retard. Le budget 2019 est toujours en cours de vote. Certes la Belgique a fait le choix du F-35 mais contrairement au dossier des blindés, aucun contrat n’a encore été formellement signé par le ministre de la Défense. « Le ministre Vandeput signera un accord entre Etats avec les États-Unis au nom de notre pays », écrivait le site du ministre à l’époque du choix. Seul un ministre de la Défense en pleine fonction pourrait signer un tel accord après des négociations à mener. Le dossier est loin d’être clos et était encore à l’ordre du jour de la commission Achats et ventes militaires du 4 décembre. De même, une décision est toujours en attente pour le dossier des chasseurs de mines. Elle devrait intervenir en janvier 2019. La situation pourrait être plus tendue du côté des ressources humaines alors que plusieurs dossiers brûlants sont en cours comme la réforme des pensions et du système de maladie.

« La crise gouvernementale ne va pas amener les réponses tant attendues après de multiples « décisions de principe » souvent contradictoires avec la vision stratégique pour 2030. Que du contraire, le personnel serait mis en sursis mais pour combien de temps ? », s’inquiète Boris Morenville, dirigeant responsable au SLFP Défense. « Bafouer la spécificité militaire par une soi-disant harmonisation dans la précipitation d’une fin de législature ou même dans l’avenir est la réelle crainte pour l’avenir de la Défense belge », précise-t-il. « La réforme prévue actuellement bénéficie de 20 années de transitions d’une reconnaissance de pénibilité au maximum pour être clair, nous ne voulons pas de cette réforme tant la spécificité du métier de militaire ne va pas en adéquation avec toutes ces restructurations et harmonisations », explique-t-il alors que le syndicat est en bataille depuis plusieurs semaines contre la précarisation du métier de militaire. « Si le gouvernement venait éventuellement à chuter, les conséquences ne se feraient sentir qu’au bout de plusieurs semaines, voire plusieurs mois », estime pour sa part Concetto Bandinelli.

Le nouveau ministre Sander Loones à la rencontre du syndicat SLFP-Défense le 15 novembre dernier

La situation est d’autant plus délicate pour la Défense que le ministre est un membre de la N-VA, le parti à l’origine de la crise politique et qui menace de sortir du gouvernement. L’ancien ministre Steven Vandeput était plutôt discret sur la politique de son parti dans sa communication. C’est loin d’être le cas pour le nouveau ministre Sander Loones. Il a partagé sur sa page Facebook un post de Théo Francken expliquant pourquoi la Belgique ne doit pas signer le Pacte sur les Migrations. On ne peut pas faire plus clair.

« Faut-il voir une lueur d’espoir par la chute du gouvernement sans connaître la direction du suivant ou son maintien signifiera-t-il un coup d’accélérateur pour la mise en œuvre des décisions de principe ? », s’interroge Boris Morenville sceptique face à ce dilemme. « Pour le travail journalier dans les unités, la situation actuelle n’a aucun impact et les effets pour les militaires mêmes sont nuls », précise de son côté Concetto Bandinelli. Pour l’instant, tout le monde est dans l’expectative de l’issue d’une crise qui n’a que trop duré.

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