« A la Défense, tout le monde ne porte pas une arme », ce slogan qui prend tout son sens avec la crise du coronavirus

Les fonctions de soutien de l’armée belge sont pleinement mobilisées dans la lutte contre le coronavirus (crédit-photo Didier Authelet/BE Défense)

« A la Défense, tout le monde ne porte pas une arme », ce slogan qui prend tout son sens avec la crise du coronavirus.

Le 21 février dernier, la Défense lançait un spot publicitaire « A la Défense, tout le monde ne porte pas une arme » sur ses réseaux sociaux. Objectif cibler des postes dans diverses fonctions de soutien: cuisinier, ambulancier, météorologue ou logisticien. Quinze jours plus tard, ce sont une partie de ces métiers qui sont en première ligne dans la lutte contre l’épidémie du coronavirus. Le Fédéral n’a pas eu d’autre choix que de faire appel à la Composante Médicale pour aider les maisons de repos en difficulté. Les ambulanciers du 14ème bataillon médical et le 3 EMI ont été mobilisés à Jette, Lustin et Ixelles. Ce sont en tout 25 ambulanciers déployés sur le terrain. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de ce que réalise actuellement la Composante Médicale. La logistique est aussi mise à contribution. Le 4ème bataillon logistique transporte des kits de confection pour fabriquer des vêtements de protection médicaux depuis le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Mont-Godinne à des points de distribution des provinces de Namur, Liège, Luxembourg et Brabant wallon avant de les ramener 48H plus tard au CHU. Ceci n’est qu’un aperçu non-exhaustif de l’aide qu’apporte la Défense belge dans cette crise tellement il est divers, varié et multiple. Il ne s’agit pas non plus d’oublier les autres unités qui apportent aussi leur soutien comme le 15 Wing de la Composante Air avec les rapatriements.

Les députés n’ont pas manquer de saluer l’action de l’armée belge lors de la dernière commission de la Défense. Alors que la Belgique pointe loin dans le classement des pays de l’OTAN, certains députés ont commencé une remise en question des 2% du PIB selon l’accord conclu. Cette réflexion est venue notamment de députés socialistes flamands et francophones ainsi que du PTB. « La déclaration du secrétaire général de l’OTAN sur le nécessaire respect des 2 % du PIB est dépassée. Il faudra revoir là aussi notre implication, comme pour les 3 % de stabilité européenne. Le coronavirus impose d’envisager les choses différemment », a souligné le député PS André Flahaut. Les socialistes estiment que la vision stratégique du ministre Steven Vandeput a mis de côté l’Aide à la Nation. Le ministre Philippe Goffin a rappelé que ce n’était pas le moment de discuter des 2% et que même si la Belgique appliquait son plan en matière de défense jusqu’en 2024, elle serait loin d’atteindre l’engagement des 2%. Les syndicats craignaient pour le budget de la Défense, ils peuvent. C’est sans compter les internautes qui estiment que l’argent des F-35 aurait pu être investi plus efficacement dans le système de santé. Le ministre de l’Intérieur avait raison quand il rappelait que la crise sanitaire ne devait pas faire oublier les défis sécuritaires. L’épidémie du coronavirus ne va pas arrêter d’un coup la menace islamiste. Sans opérations à l’extérieur et sécurité, les militaires engagés contre le coronavirus ne pourraient pas effectuer leur mission. L’un ne va pas sans l’autre.

Engagée dans la lutte contre le coronavirus tout en poursuivant ses autres missions, l’armée belge montre une fois de plus sa polyvalence, sa flexibilité et la diversité de ses métiers. Comme lors des attentats du 22 mars 2016, elle répond présent sur le terrain lors des périodes de crise mais n’a pas toujours été récompensée à la hauteur de son engagement, étant bien souvent la dernière roue du carrosse. Avec ou sans armes, les militaires belges sont au service de la population !

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