Les syndicats militaires créent un front commun pour demander une valorisation salariale

Les syndicats font front commun pour demander une valorisation salariale (crédit-photo Sedeyn Ritchie/BE Défense)

Les syndicats militaires créent un front commun pour demander une valorisation salariale.

Le site expliquait en février dernier que la rémunération des militaires n’avait pratiquement pas changé depuis vingt ans. C’était le constat des syndicats qui étaient auditionnés en commission sur les problématiques des ressources humaines. Deux mois plus tard, les quatre syndicats militaires représentatifs (CGPM, CGSP, CSC et SLFP-Défense) ont décidé de monter au créneau et de créer un front commun pour demander une valorisation salariale. C’est assez rare pour être souligné. Le dernier front datait d’octobre 2016 et le dossier du rallongement pensions où les syndicats avaient communiqué en commun.

« Trouvez-vous normal qu’entre-temps, plus de 17 ans se soient écoulés depuis le dernier ajustement important des traitements pour les militaires ? Trouvez-vous normal qu’alors que le budget de la Défense va augmenter de près de 50% entre 2019 et 2022, à savoir passer de quelque 3 milliards à 4,4 milliards d’euros, l’autorité soit seulement disposée à consacrer environ un huitième de ces 1,4 milliards supplémentaires au profit de mesures de renforcement du pouvoir d’achat du personnel ? Trouvez-vous que c’est (pour reprendre les termes du CHOD) une ‘’recapitalisation dans le domaine du personnel’’ ?Trouvez-vous normal qu’à partir de 2022, l’autorité militaire ne veuille libérer qu’un peu plus de 1% du budget de la Défense (qui est fixé à 4,4 milliards), soit quelque 50 millions, pour une augmentation des traitements au bénéfice des militaires ? », s’indignent les syndicats. « C’est pourquoi nous demandons à nos chefs militaires et politiques de montrer qu’ils prennent en tant qu’employeur, l’attractivité de la Défense au sérieux. En commençant par constater combien l’arriéré en ce domaine est important de sorte qu’aussi vite que possible, il y ait un régime de rémunération comparable entre métiers comparables. Nous demandons également à l’autorité de faire preuve aujourd’hui de détermination de sorte qu’après 17 ans, finalement, se produise une amélioration correcte des traitements pour les militaires », réclament-ils en espérant faire bouger les choses.

Le 23 avril dernier, les syndicats ont rencontré le ministre de la Défense, Philippe Goffin, pour parler de la recapitalisation du personnel. Cette réunion n’avait pas satisfait les syndicats car elle manquait de mesures concrètes.  Il y a de l’argent selon le ministre mais « toutefois, rien n’a été dit sur ce qui se passera réellement dans les mois à venir, quelles propositions seront encore effectivement concrétisées cette année et de quelle manière les militaires obtiendront bientôt, dans la pratique, un statut plus attractif. Le proverbial ‘‘coup de sifflet de départ’’ est tout ce que nous avons entendu jusqu’ici », expliquait le syndicat ACMP-CGPM. Les syndicats attendent désormais des actes concrets et non plus des paroles ou des vagues promesses. Ils ont annoncé qu’aujourd’hui qu’il leur avait été demandé ainsi qu’à l’Etat-major de la Défense d’effectuer une étude comparative des différentes échelles de rémunération des militaires avec les métiers de sécurité, dans un délai de 14 jours. Une fois que cette étude comparative aura été réalisée, toutes les données seront regroupées afin d’avoir une base commune pour mener des réunions hebdomadaires et enfin de nouvelles négociations en vue de revoir les échelles de rémunération des militaires. Une telle étude avait été menée en partie par le syndicat ACV-Defensie.

La Défense et la DGHR avaient présenté à la commission son plan « ressources humaines » avec 12 travaux mais pour le syndicat SLFP-Défense, il manque une vision globale et négociée avec les syndicats. Il y a seulement des initiatives unilatérales proposées par une partie de l’État-major. Le syndicat SLFP-Défense réclame un accord sectoriel et une loi de programmation militaire pour le personnel tout comme pour les investissements militaires.

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