Les hélicoptères dans la lutte contre les incendies: les exemples belge et néerlandais

Des Chinook de la Luchtmacht ont été mobilisés en avril pour éteindre des incendies (crédit-photo NL Defensie)

Les hélicoptères dans la lutte contre les incendies: les exemples belge et néerlandais.

La fin du mois d’avril a été marquée par plusieurs incendies de forêts ou de réserve naturelles, en Belgique comme aux Pays-Bas. Ces derniers ont connu, au cours de la même semaine, deux importants incendies, dont le plus important jamais enregistré dans le pays. Ces deux événements ont conduit à un déploiement de l’armée néerlandaise en soutien des services incendies. Outre un Kodiak et un Buffel (respectivement version du génie et de dépannage du Leopard 2) utilisés afin d’aider à circonscrire l’incendie, des hélicoptères ont également été envoyés.

Un Chinook déverse de l’eau sur l’incendie au-dessus de la réserve naturelle de Deurnsche Peel (crédit-photo NL Defensie)

Des Chinook et Cougar  mobilisés contre des incendies aux Pays-Bas le mois dernier

Pour ses missions de lutte contre les incendies, l’armée de l’air néerlandaise (Koninklijke Luchtmacht) peut compter sur les hélicoptères du Defensie Helikopter Commando qui regroupe l’ensemble des moyens héliportés de l’armée des Pays-Bas. Les hélicoptères de transport Chinook et Cougar sont capables d’emporter un bambi bucket, c’est-à-dire un panier souple fixé sous l’appareil via une élingue. La capacité du bambi bucket dépend de la puissance de l’hélicoptère. Le Cougar peut emporter un panier de 2.500 litres alors que le Chinook, nettement plus puissant, embarque lui 10.000 litres. Ces paniers peuvent être remplis sans que l’hélicoptère ait à se poser, il lui suffit de rester en vol stationnaire au-dessus d’une rivière ou d’une piscine (tant qu’il y ait une profondeur d’au moins 2 mètres). Ce système permet de disposer d’une capacité aéroportée de lutte contre les incendies sans devoir investir dans des appareils spécialisés, communément dénommés Canadair. Jusqu’à 4 Chinook ont été déployés simultanément le lundi 20 avril. Le mercredi 22, ce sont deux Chinook et un Cougar qui ont participé à la lutte contre les incendies.

Quelle solution en Belgique ? 

En voyant ces moyens, la question s’est posée quant aux capacités de l’armée belge en la matière. En 2011, deux violents incendies avait ravagé les Fagnes (1350 hectares) et la réserve naturelle de Kalmthout (400 hectares). Ces incendies ont conduit à la conclusion, entre la Police fédérale et la Direction générale Sécurité civile du SPF Intérieur, d’un protocole additionnel spécifique au soutien aérien (les autres formes de soutien étant déjà réglées dans un autre protocole). Les missions susceptibles d’être opérées par la Direction Appui aérien de la police fédérale (DAFA) en cas d’incendie vont de l’observation à l’évacuation mais nous attarderons surtout sur la capacité de lutte contre l’incendie.

Les hélicoptères sont en effet de vrais acteurs de la lutte contre le feu. Les hélicoptères MD-900/902 de la police belge peuvent emporter un bambi bucket de 1.000 litres. Deux dispositifs de ce type, financés par la Direction générale Sécurité civile du SPF Intérieur, sont disponibles et sont régulièrement mis en œuvre.

En voyant les moyens mis en œuvre par l’armée néerlandaise et ceux disponible auprès de la police fédérale belge, la question se pose quant à la possibilité pour les hélicoptères de la Défense belge d’opérer ce type de mission.

Tour d’horizon des capacités d’hélicoptères de la Défense belge

Depuis le retrait des Sea King l’année dernière, l’armée belge est, selon un rapport de la Cour des Comptes de décembre 2019, équipée de 3 Alouette III, 12 Agusta A109 et 8 NH-90 (4 en version terrestre TTH et 4 en version navale NFH). Le retrait de service des Alouette est prévu pour 2021. Leurs missions seront reprises par les NFH. Ces derniers sont configurées en 2 versions : Search and Rescue (en remplacement des Sea King) et Marine Operations (en remplacement des Alouette).

Les 12 Agusta sont les survivants des 46 appareils commandés en 1988 et livrés en 1992,18 en version de reconnaissance et 28 en version anti-char (avec système de visée et missiles TOW). Ce nombre devrait encore être réduit à 8 en 2023 et les derniers appareils quitteraient le service en 2030. Jusque-là, leurs missions se résumeront à la formation des pilotes d’hélicoptères, à l’entrainement du personnel de la Composante Terre à l’évacuation médicale et à des missions d’appui en Belgique. Un déploiement opérationnel comme celui effectué au Mali en 2013 ne semble donc plus à l’ordre du jour. En ce qui concerne le sujet qui nous occupe, vu leur charge utile limitée (moins d’une tonne), il n’a jamais été envisagé de les équiper de moyens de lutte anti-incendie.

Sur le modèle néerlandais, un projet a été testé en 2016 sur le NH-90 de la Composante Air (crédit-photo Jürgen Braekevelt/BE Défense)

Le projet bambi bucket sur NH-90 a été abandonné

En service depuis 2013 et leur capacité opérationnelle initiale déclarée en 2015, les NH-90 ont, en revanche, des capacités bien supérieures, raison pour laquelle il a été envisagé de les équiper, à l’instar de leurs homologues policiers, d’un système bambi bucket. La Défense et la Sécurité civile ont mené depuis 2014 des réflexions sur le sujet. Le SPF Intérieur a financé le projet à hauteur de 80.000 €. Ce montant comprend l’achat d’un bambi bucket d’une capacité de 2.500 litres, les frais d’étude, de maintenance, de formation etc… Une première séquence de tests a débuté à la fin de l’année 2016 et menée par le 1er Wing. Une seconde devait avoir lieu dans le courant de l’année 2017 mais elle ne semble jamais avoir eu lieu.

Interrogé à ce sujet par nos soins, la Défense nous a confirmé que « les tests avec le bambi bucket sous notre NH-90 ont été arrêtés puisque les résultats n’étaient pas concluants et posaient un danger pour l’équipage et la machine ». La Sécurité civile, participant également au projet nous à quant à elle indiqué que « le projet pilote n’a pas été poursuivi car la plus-value opérationnelle et les résultats (réelle augmentation de la capacité d’extinction) se sont révélés insuffisants au regard des importants frais d’investissement et de fonctionnement liés à la préparation (développement, test et entraînement) et au déploiement éventuel (en termes de continuité et de permanence) ».

L’essai n’a pas été concluant et la Composante Air attend des retours d’autres pays-utilisateurs NH-90 (crédit-photo Jürgen Braekevelt/BE Défense)

Les NH-90 belges ne rejoindront donc pas de sitôt les Chinook et Cougar néerlandais même si à la Défense le dossier reste suivi. « Depuis nous attendons les résultats de test dans d’autres nations qui opèrent le NH-90. Avec ces résultats il sera éventuellement envisageable de mener de nouveaux tests avec un autre système de seau » commente en effet la Défense.

Du côté de la Sécurité civile, on continue de compter sur les hélicoptères de la police fédérale. De grands bassins destinés à l’approvisionnement des bambi buckets de la police fédérale dans les zones pauvres en eau pourraient être achetés. De plus, les mécanismes mis en place avec nos voisins français et néerlandais « offre plus de possibilités et de certitudes en matière de déploiement ». La Défense ne devrait donc pas être sollicitée pour de telles tâches dans un proche avenir.

Un commentaire

  1. En guise d’exemple nous sommes donc très loin d’en être Un puisqu’on essaie TOUT pour ne pas se doter des appareils adaptés à ce genre de mission et pour laquelle la Défense Nationale n’a pas à y entrer étant donné qu’en tout et pour tout elle ne dispose de presque plus RIEN ; ( 08 NH90 flambants neufs , les alouettes III c’est terminé et les agustas( 46 au départ ??? ) on nous dit que c’est pour bientôt demain alors faisons les comptes pauvres de Nous , vous parliez bien d’ exemple mais je rêve !

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