La Belgique intégrera pleinement le programme SCAF en juin 2025

Lors d’une journée dédiée au programme SCAF pour les industriels belges, la ministre Ludivine Dedonder a annoncé que la Belgique intégrerait complètement le programme en 2025 (crédit-photo MOD BE)

La Belgique intégrera pleinement le programme SCAF en juin 2025.

Lors du salon du Bourget en juin dernier, la ministre Ludivine Dedonder a annoncé que la Belgique rejoignait le programme « Future Combat Air System » (FCAS ou SCAF) en tant qu’observateur. La semaine dernière, le BSDI (Belgian Security & Defence Industry) organisait le « NGWS/FCAS Industry Day » pour préparer l’industrie de défense belge à son entrée dans le programme. Philippe Koffi, ingénieur en chef de l’armement de la DGA française et directeur de la Combined Project Team du programme NGWS, y était présent et a fait le discours d’ouverture pour connecter l’écosystème industriel NGWS à celui de la Belgique et demander aux industriels belges d’apporter leurs idées et leur expertise.

Lors du discours d’introduction de la journée, la ministre Ludivine Dedonder a indiqué que l’accord en tant qu’observateur serait signé le mois prochain. Elle a également annoncé que la Belgique intégrerait officiellement le programme en juin 2025, année où l’architecture finale du SCAF sera finalisée avant d’entrer dans une deuxième phase. Cette annonce, qui n’a fait juste l’objet que d’un post Linkedin sur le compte de la ministre, est une surprise alors que la décision du mois de juin avait été critiquée à cause d’un manque de débat politique. « Le développement d’une capacité de combat aérien de nouvelle génération est une opportunité unique pour l’Europe. Ainsi, la Belgique s’engage pour la paix, la stabilité et l’innovation en défense, façonnant un avenir sûr et prospère, ensemble, pour notre nation et nos partenaires », a-t-elle réagi. Le processus semble désormais bien lancée.

Rejoindre le programme SCAF est un des programmes ambitieux de la toute nouvelle DIRS, la Stratégie belge de Défense, d’Industrie et de Recherche, lancée en octobre 2022. « Le statut d’observateur devrait permettre aux entreprises belges d’avoir accès à des informations techniques cruciales sur le programme, afin qu’elles puissent étudier, en coopération avec les entreprises-clés (Airbus, Dassault Aviation et Indra) comment les contribuer au développement, à la conception, à la production et au soutien en service de cette nouvelle capacité », écrivait la Défense sur son site pour les un an de la DIRS. Stéphane Burton, CEO d’Orizio Group, s’était réjoui de ce statut d’observateur au sein du programme SCAF qui pourrait être « le nouveau contrat du siècle » pour la Belgique. Dans un commentaire sous le post de la ministre, François Lepot, CEO de Safran, a fait part de son enthousiasme:« Merci pour votre soutien à l’industrie Belge qui va prendre part à un programme international parmi les plus ambitieux technologiquement. De nombreux emplois vont être créés grâce à cette initiative. » Il reste à savoir maintenant de combien sera le financement de la Belgique au sein du programme.

Le « Future Combat Air System » (FCAS ou SCAF) est un programme de recherche et de développement mené par la France, l’Allemagne et l’Espagne à parts égales. Le programme vise à développer un « système de systèmes » qui interagissent les uns avec les autres. Il combine plusieurs composants, tels qu’un avion de combat de nouvelle génération, des plates-formes volantes sans pilote, une nouvelle génération de capteurs et une infrastructure de réseau.

21 commentaires

  1. Bonjour,
    Plusieurs remarques :
    – D’abord, le FCAS est leadé par la France. Ce n’est donc pas exactement un « programme de recherche et de développement mené par la France, l’Allemagne et l’Espagne à parts égales. ». La France est leader et Dassault a une sorte de « golden vote » en cas de blocage, même si les Allemands et les Espagnols n’aiment pas le dire, il ne faut pas l’oublier.
    – L’entrée de la Belgique en tant que membre de plein droit du SCAF en 2025 pose des questions structurantes qui ne seront pas simples à résoudre :
    1/ quel pourcentage de participation ? France, Allemagne et Espagne ont mis 3 ans à s’entendre sur un découpage et aucun ne veut céder un dixième de pourcent de workshare. Il faudra pourtant faire de la place à la Belgique. Le plus logique, et le plus simple, serait que l’Espagne cède une partie de son workshare (15% ?) à la Belgique. La France et l’Allemagne ne bougeront pas de leur 33% à mon sens.
    2/ quel engagement d’achat ? Les partons d’Airbus comme de Dassault sont alignés: si la Belgique rentre dans le SCAF, cela signifie qu’elle s’engage à acheter l’avion une fois qu’il sera produit. Il faudra un engagement ferme et contraignant, tant la Belgique a pour l’instant monter son incapacité à acheter des avions de chasse non américains.
    3/ le SCAF sera t-il encore vivant, tout au moins dans sa forme actuelle, en 2025 ? C’est loin d’être gagné.
    En résumé, il me semble qu’il y a encore un niveau d’incertitudes extrêmement fort à la fois sur l’entrée de la Belgique dans le SCAF et sur la date de cette entrée.

    J’aime

  2. Mode de communication lunaire de la part de la Ministre. Un post sur LinkedIn. Aucun communiqué officiel, rien au Conseil des Ministres et encore moins en Commission Défense au Parlement. Elle va se faire incendier par les partis flamands.

    Assez curieux d’annoncer une participation pleine ( à hauteur de quel pourcentage ?) alors que le statut d’observateur n’a même pas encore été entériné.

    Participation à part entière ne veut pas dire à part égale. La Belgique n’en n’a pas les moyens. Prudence donc.

    Je vois plutôt cette sortie comme une sorte de forcing de la Ministre pour empêcher tout retour en arrière avant les élections de juin prochain.

    Ca la rendrait quasi impossible une commande additionnelle de F-35 par le prochain gouvernement.

    A suivre dans les prochains jours …

    Aimé par 1 personne

    • Je suis d’accord avec vous et je pense que nos deux commentaires se rejoignent.

      Vu le nombre d’inconnues ou d’incertitudes, cette déclaration de la ministre Dedonder s’apparente plus à un vœu pieu qu’à une annonce.

      Reste après l’aspect politique que vous mentionnez en fin de commentaire sur lequel je n’ai pas d’avis.

      Aimé par 1 personne

  3. Excellent, au bénéfice des avionneurs majoritairement au sud du pays, aux intérêts desquels l’achat sur étagère du F35 a fait énormément de tort, ainsi qu’à la petite BITD belge. Evidemment, cela a peu de poids au nord, le fait que ces intérêts soient essentiellement francophones aurait même plutôt joué en leur défaveur.

    Aimé par 1 personne

    • Des sourires chez moi…….En l’état, comment voulez-vous que ce message soit compris au fin fond du pays où l’on est un peu fâché avec « l’Anglois » ? ( cf une de mes réactions passées ). Maitre mot : Rien à priori, n’est évident pour toutes et tous.

      Aimé par 1 personne

  4. S’agît il d’un avis personnel exprimé sur un blog nominatif ou bien de la position du gouvernement belge ?
    Cette ministre n’avait pas commis d’erreurs durant son mandat, dommage de finir sur cette fausse note raccoleuse. On en déduit que LudivineD. se verrait bien à un poste important à l’Europe de la défense. Et comme la voix de la France sera déterminante pour l’attribution du poste, (cf Charles Michel soutenu par Macron pour passer président du conseil Européen), on comprend mieux cette cacophonie qui ne lui ressemble pas. Je tombe de haut, tous pareils…

    Aimé par 1 personne

    • Sans doute la pression des élections de 2024 qui ne vont pas prolonger son mandat ministériel.
      Triste de finir sur un tweet minable et ambigu qui n’honore ni la Belique ni la France. Elle oublie que le SCAF est avant tout un projet phare de la France et n’y accorder qu’une communication de 10 ème zone ne fait qu’ajouter de la légèreté à un projet qui manque déjà cruellement de crédibilité sur le long terme. Je crains que cela n’aidera pas vraiment ses plans de carrière. Elle oublie aussi qu’en France, on ne porte guerre d’intérêt aux avis personnels d’une ministre, à l’insu du « plein gré » des leviers décisionnels réels du pays.
      Assez cavalier tout cela…

      Aimé par 1 personne

  5. Comme d’habitude, on ne suit absolument pas le sujet, on invente et on se raconte une belle histoire.

    Le point de départ de cette lamentable affaire de mauvaise communication gouvernementale est ce post sur LinkedIn :

    https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:7133096690026213377/

    Selon la Ministre, la Belgique intégrerait donc officiellement le SCAF en juin 2025. A la suite de cette parution, aucun communiqué ou déclaration officielle d’une des parties au programme n’ont été enregistrés.

    Le mercredi 29 novembre a eu lieu une Commission Défense au Parlement concernant la note de politique générale et le budget 2024. Séance longue mais intéressante car c’est la dernière avant les élections. La Ministre y a précisé ses intentions sur le SCAF.

    https://www.lachambre.be/emeeting/?organ=comm_K002&status=final&date=2023-11-29&number=1

    Ames sensibles, ne pas lire la suite.

    * Elle est revenue sur son tweet qui avait été posté à la suite d’une réunion organisée par la Belgique dans le but de faire se rencontrer les industriels belges d’un côté et GER-SPA-FRA de l’autre.

    * Elle a précisé que l’éventuelle enveloppe budgétaire disponible pour le SCAF serait plafonnée à 360 Mio € pour la période 2025-2029.

    * Le statut d’observateur devrait être formalisé dans les prochains jours. Le point capital suit.

    * Il n’y aura PAS de participation de l’Etat Belge au SCAF en tant que telle. On se limitera à des accords entre industriels, là ou les industriels belges pourront s’insérer sur tel ou tel point des recherches. Et les fonds prévus ne seront débloqués que sur étude du dossier industriel.

    La Belgique n’a pas les moyens budgétaires de prendre même une participation de 10 % dans le SCAF. Elle n’en a pas la volonté politique non plus. Le premier F-35 n’est pas encore arrivé, et il faudra payer les factures pendant 40 ans.

    Fin de la blague.

    Ceux qui souhaitent répondre, merci de le faire sur des faits et pas des élucubrations géopolitiques minables sans fondement ni intérêt.

    J’aime

  6. Très court pour moi . Ici ( en Belgique ) comme ailleurs, qu’ils cessent d’utiliser cette vérole de l’authentique pensée que sont X et d’autres supports. Un communiqué officiel bien pesé et bien ficelé, comme à l’ancienne, est avant tout la bonne chose à faire pour tout responsable digne de ce nom . Bon maintenant je dis cela, mais je ne dis rien.

    J’aime

  7. Je me demande qui a bien pu faire cette publication LinkedIn pour le compte de Dedonder.

    Quelques jours plus tard au Parlement, les masques sont définitivement tombés, après des mois de rodomontades, d’apparitions dans les medias et de leçons faites à certains.

    Comme disait le grand Brel : « faut pas jouer les riches quand don n’a pas le sou ». 🙂

    Aimé par 1 personne

  8. https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/defense/armement-veto-allemand-sur-les-exportations-le-patron-de-dassult-en-dit-plus-sur-le-scaf_AV-202312050508.html

    « On ne peut pas s’autoproclamer partenaire. Le statut d’observateur est celui qui a été décidé ».

    « On ne fait pas un Scaf pour faire travailler des industriels. C’est d’abord un besoin des forces armées et nos pays comptent acheter ces appareils. La Belgique compte-t-elle un jour acheter des avions de combat non-américains? Je n’ai pas entendu de réponse des autorités belges. En trente ans, ils ne l’ont jamais fait. »

    What else ?

    J’aime

  9. Je me félicite de voir que les commentaires des intervenants du site sont beaucoup plus avisés qu’auparavant et que certains qui ont été charmé par le physique de Ludivine Dedonder sont retombés sur terre. Etonnant, de l’avoir d’ailleurs portée aux nues car elle n’avait rien fait de significatif pour cela que ce soit question budget de la Défense ou choix stupide d’un patrouilleur au lieu d’une corvette pour « défendre » notre parc éolien off shore.
    La misère du budget de la Défense étranglé par l’intervention politique des écolos se manifeste de nouveau cruellement dans ce projet et je tiens tout particulièrement à féliciter Michel Cremer pour ses propos et ses informations judicieuses :  » Elle (Ludivine Dedonder) a précisé que l’éventuelle enveloppe budgétaire disponible pour le SCAF serait plafonnée à 360 Mio € pour la période 2025-2029″.Quand on parle de R&D en matière d’avion de chasse, on sait qu’on doit parler si on est crédible en milliards d’euros et pas de 360 Mio € étalés sur 5 ans. De nouveau, on retrouve la POLITIQUE DE LA POUDRE AUX YEUX ET DES GESTES SYMBOLIQUES CHERE A LA BELGIQUE qui malheureusement parvient à convaincre les plus ignares d’entre nous.
    La position d’observateur de la Belgique dans ce projet pose également question et je comprends parfaitement les réticences du PDG de Dassault (Eric Trappier) dans sa participation dans ce projet qui avec les faibles budgets qui seront engagés s’apparent e à une forme d’espionnage à faibles frais visant surtout à ce que nos industriels ne soient pas largués par les progrès technologiques en matière d’aviation comme avec l’absence de la Belgique dans la R&D du F35. Plaintes des patrons SABCA ET SONACA à ce sujet. La pseudo-participation de la Belgique à ce projet a-t-elle d’autre but que d’éviter la largage technologique de notre industrie d’aviation? Rien n’est moins sûr.
    Monsieur Cremer de nouveau félicitations pour votre citation de J. Brel : « faut pas jouer les riches quand on n’a pas le sou.

    J’aime

    • Oui, et Stigolon l’a imprimé 300 fois. Sans blague, c’est tout de même « corny », alterner les chardons et les gaufres / frites… Les Français l’auraient fait ça aurait gueulé…

      J’aime

  10. En même temps, c’est cohérent. Offrir un livre à colorier pour faire patienter les clients qui attendent un avion pas certifié avant des mois malgré la réception du premier exemplaire dans les jours prochains. On se sera foutu de leur poire jusqu’au bout.

    J’aime

  11. Merci pour tous ces éléments.
    Un très rapide calcul : la tranche 2 du scaf (2025/2029) est estimé à 5Mds€ (cf le dernier papier de l’IfRI par exemple).
    A noter que ce type d’estimation a plutôt tendance à monter qu’à descendre.
    Si la Belgique investit 360 millions sur la période (merci Michel Cremer), elle peut donc prétendre à environ 7% de cette phase du programme.
    Après, une stratégie peut être de concentrer l’investissement sur l’un des piliers (les drones par exemple) pour avoir une part un peu plus importante.
    La bonne nouvelle c’est que trouver 7% de work share devrait être plus facile que s’il avait fallut trouver 15 ou 20%. Je pense que les discussions clés seront avec l’Espagne , tant je pense que ni la France ni l’Allemagne ne voudront lâcher un dixième de workshare.

    J’aime

  12. 7 %, oui, mais non. La phase 1 coûte 3.6 Mrd, à prendre aussi en compte dans le calcul. Ca fait tout de suite moins rêver.

    Quant à se focaliser sur les drones, pourquoi pas, mais avec quelles compétences de départ ?

    J’aime

  13. Voici les montants des différentes phases de développement connus :
    Phase Ia (début 2020 – durée 18 mois) : 155 millions €
    Phase Ib (mi 2021- 2025) : 3 milliards €
    Phase II (jusque 2029- Assemblage et test en vol du démonstrateur) : 8 milliards €
    Le coût total du programme est évalué par certains analystes entre cinquante et quatre-vingt milliards d’euros €.
    Donc avec l’hypothétique plafond de 360 millions d’€ étalés de 2025 à 2029, la part de la Belgique pour le stade initial du projet est de 4,5% si on prend en compte 8 milliards, 3,2 % si on prend en compte 11 milliards.
    Il faudrait une révolution politique dans ce pays avec une augmentation du budget militaire d’au moins 4 milliards par rapport à ce qui a été prévus étalés sur 5 ans pour que la part de la Belgique atteignent les 5% du coût total du programme et sorte du caractère symbolique.
    Il semble évident que les termes utilisés : « La Belgique intégrera pleinement le programme SCAF en juin 2025 » sont totalement trompeurs comme l’a dit M.Cremer puisqu’elle n’est qu’observatrice et pas du tout un partenaire à part entière du projet.
    La Belgique serait-elle tombée si bas qu’elle doive recourir à la PROPAGANDE?

    Aimé par 1 personne

  14. Je voudrais ajouter que la fourchette budgétaire annoncée à ce jour pour le programme SCAF de 50 à 80 milliards (budget total) est ridiculement basse et est appelée à exploser. Pour ceux qui n’en seraient pas convaincus, il est bon de se rappeler que la mise au point du F-35 (considéré comme l’un des programmes d’armement les plus coûteux de l’histoire) a été estimée à plus de 1 500 milliards de dollars (Réf. Air&Cosmos , le journal du très compétent Xavier Tytelman , ancien pilote de chasse franco-belge, souvent invité sur LCI).
    Ceci renforce encore si besoin en était, la portée de mes propos concernant le ridicule des sommes annoncées par la Belgique. On serait presque étonné s’il en était autrement, tellement ce pays a pris l’habitude d’être peu crédible en matière de budget militaire.
    Courage les amis!

    J’aime

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.