Trois ans après, l’opération Vigilant Guardian à la croisée des chemins

crédit-photo Daniel Orban/BE Defence

Trois ans après, l’opération Vigilant Guardian continue toujours de poser questions et d’occuper l’espace médiatique alors que l’année passée, elle a encore connu des évolutions. Opération la plus visible de l’armée belge et la plus accessible pour le grand public, elle reste un des meilleurs outils de communication pour la Défense. 2018 pourrait être une année charnière.

2017, l’année de la réelle adaptation

En 2017, le nombre des militaires déployés dans les rues a encore baissé après la forte mobilisation de 2016. De 1250 en janvier 2017, leur nombre est passé à 1000 en novembre avec la mise en place d’un dispositif plus mobile et des patrouilles composées de quatre militaires minimum. Si ce changement n’a pas plu à certains politiques qui confondent militaires et policiers et voient dans l’opération le seul rempart face au terrorisme, il est surtout le signe que l’armée a été obligé de s’adapter pour relâcher un peu la pression et rester opérationnelle pour ses autres missions. Les plannings sont prêts jusqu’en 2020. L’année 2017 aura été l’année de la réelle prise en compte par l’armée de ce facteur après deux premières années de tâtonnements face au changement constant du nombre de militaires déployés et une lente reconnaissance officielle d’une opération sans fin dont le caractère temporaire n’est plus à l’ordre du jour depuis longtemps.

Quelle solution alternative en 2018 ?

Pris dans un engrenage qu’il ne maîtrise plus, les politiques tentent de trouver la parade pour sortir par le haut d’une situation qu’ils ont imposé à la Défense. La mise en place du nouveau corps de sécurité commence à se préciser alors que l’armée travaille sur la réactivation d’une réserve opérationnelle avec un premier déploiement prévu en 2018. Des premiers agents de ce nouveau corps de sécurité de 1600 hommes seront formés à partir du mois de février et commencer leur mission en septembre tandis que 150 militaires l’intégreront à partir de décembre. Le nouveau corps de sécurité devrait être pleinement opérationnel en 2019. Parallèlement à la surprise générale, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon a clairement laissé entendre dernièrement que le niveau de menace pourrait passer de trois à deux dans les prochains mois ce qui signifierait la fin de l’opération Vigilant Guardian même si quelques militaires resteraient dans les rues. Une communication détonante en contradiction totale avec ce que le gouvernement Charles Michel avait laissé entendre depuis janvier 2015.

Des militaires de l’opération Spring Guardian (crédit-photo Daniel Orban/BE Defense)

Bientôt la fin de Vigilant Guardian ? 

Clairement, les politiques préparent l’opinion à la fin de la présence des militaires dans les rues tout en cherchant la meilleure solution possible et ce dès cette année. En 2018, l’opération Vigilant Guardian pourrait se vider de sa substance de différentes façons sans qu’on sache réellement quand ni comment alors même que des premières médailles devraient être distribuées pour service rendu. La transition s’annonce délicate. Il resterait cependant une inconnue. Quid de la sécurité des surveillances nucléaires dont sont responsables les 63 militaires de l’opération Spring Guardian et qui n’est pas mentionnée comme faisant partie des missions du nouveau corps de sécurité ? Cette question n’a pour l’instant été évoquée par personne et n’est pas prioritaire. Cependant le gouvernement prendra-t-il le risque à un an des élections de retirer les militaires des rues alors que l’opinion y reste largement favorable et que la communication autour du nouveau corps de sécurité reste relativement confidentielle ? Le défi est de taille mais l’armée ne dira sans doute pas non à une fin plus précoce de l’opération même si elle est préparée à y participer jusqu’en 2020.

En 2017, l’opération Vigilant Guardian a coûté 55 millions d’euros et son coût avoisinerait les 50 millions d’euros en 2018. Depuis 2015, son coût a explosé et pèse sur les finances du ministère de l’Intérieur ce qui explique en partie que le gouvernement souhaite trouver une solution durable et plus économique. 2018 pourrait bien être une année décisive dans une solution parallèle à mi-chemin entre sécurité privée et sécurité de l’État. Pendant ce temps loin des calculs politiques et des tâtonnements, les militaires continuent d’assurer leur mission jour après jour et ce depuis le 17 janvier 2015.

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