Une décennie de livraisons et de mutation de matériel au sein de la Défense

Les principaux achats de matériel qui arriveront d’ici 2030

Une décennie de livraisons et de mutation de matériel au sein de la Défense.

Les grands programmes lancés par la Défense belge pour ses différentes composantes vont, pour certains, trouver une concrétisation, voir une finalisation, dans la décennie 2020. Le visage de l’armée belge en 2030 sera grandement différent de celui de 2020. Afin de résumer ces différents changements, nous vous proposons un calendrier reprenant les différentes échéances telles quelle sont programmées à l’heure d’écrire ces lignes. Vu l’ampleur de certains des programmes, des retards ne sont évidemment pas à exclure.

La fin de cette année devrait encore être marquée par l’arrivée du premier A400M belge, le CT-02, qui a effectué son premier vol le 30 juillet dernier. Il était à l’origine prévu qu’il rejoigne Melsbroek en octobre, mais la pandémie a engendré un retard de deux mois.

Du côté naval, la fin d’année aurait dû être marquée par la livraison du nouveau navire de recherche océanographique Belgica, pour lequel la Défense belge fournit un soutien à la gestion opérationnelle. Si la livraison n’aura pas lieu en novembre, les essais en mer vont eux bien débuter.

Le Fox Rapid Reaction Vehicle (RRV) de la firme britannique Jankel a été utilisé pour la première fois au Niger (crédit-photo Vincent Bordignon/BE Défense)

Dans la première moitié de 2021, la construction du premier des nouveaux chasseurs de mines issus du programme belgo-néerlandais MCM sera lancée. À la mi-2021, ce sont les premiers LTTV (Light Troop Transport Vehicle), actuellement en phase d’évaluation à l’arsenal de Rocourt, qui rejoindront le Special Operation Regiment en remplacement des Unimog. Les LTTV seront fournis par l’entreprise anglaise Jankel, déjà fournisseur des Fox RRV. Les nouvelles bottines commandées chez l’allemand Meindl commenceront également à équiper l’ensemble du personnel de la Défense à partir d’avril 2021. Deux nouveaux A400M rejoindront Melsbroek en 2021, juste à temps pour dire adieu aux derniers C-130 qui quitteront les inventaires de la Composante Air en décembre 2021.

Plusieurs livraisons d’A400M sont prévues en 2022, le dernier devant être livré en 2023. Du côté de la Composante Terre, 9 véhicules blindés d’évacuation logistique (Protected Evacuation Vehicle), 15 Combat Recovery Vehicle et 13 Protected Recovery Vehicle à destination des bataillons logistiques devraient entrer en service en 2022-2023. Le choix du fournisseur des 9 PEV n’est pas encore connu. L’entreprise française Soframe fournira elle les CRV et PRV.

En 2023, les livraisons des A400M se termineront et celles des nouveaux systèmes de drones MQ-9B Sky Guardian débuteront. En outre, les premiers des 322 JLTV (Joint Light Tactical Vehicle) de l’américain Oshkosh achetés dans le cadre du programme Command and Liaison Vehicle commenceront à être livrés.

Les nouveaux mortiers de 60mm seront livrés en 2024. Cette année est également une échéance pour l’éventuel retour d’une artillerie mobile à longue portée dont on ne sait pas encore grand chose. Un retour au 155mm n’est pas à exclure, et avec lui un éventuel achat de l’automoteur CAESAR français, afin d’encore approfondir le partenariat entre la Composante Terre et l’armée de Terre française. La Composante Marine pourra surtout en 2024 célébrer l’arrivée du premier chasseur de mines de nouvelle génération. Les livraisons des navires se feront en alternance entre les marines belge et néerlandaise au rythme d’un par an par pays jusqu’en 2030.

Les premiers F-35 arriveront en 2023 (crédit-photo NL Defensie)

2025 sera, à moins de nouveau retard, une année importante pour les Composante Air et Terre cette fois. En effet, cette même année, les premiers F-35, Griffon et Jaguar rejoindront les rangs de la Défense belge. Les nouveaux appareils de la Composante Air remplaceront petit à petit les F-16. Ces derniers devraient quitter l’ordre de bataille en 2029 (les livraisons de F-35 ne terminant qu’en 2030). Le calendrier de sortie de service des blindés en service dans la Composante Terre n’est pas connu, ni le futur de ceux-ci.

Le dernier grand programme qui doit aboutir à la fin de cette décennie est celui des frégates, également en collaboration avec les Pays-Bas. Les livraisons des bâtiments belges sont prévues en 2029 et 2030.

En résumé, en l’espace d’une décennie, la marine aura remplacé nombre pour nombre ses frégates (entrées en service en 1991) et sa flotte de guerre des mines se sera étoffé d’une unité tout en se modernisant. Cette unité supplémentaire par rapport à 2020 est prévue pour compenser la sortie de service du navire de soutien logistique et de commandement Godetia.

La capacité de transport de la Composante Air aura été également entièrement renouvelée tandis que ces capacités de combat auront été renouvelées, mais il est difficile d’évaluer à quelle échéance les F-35 pourront remplir pleinement le rôle que joue actuellement les F-16. Les drones MQ-9B Sky Guardian viendront eux remplir le vide laisser par le retrait des B-Hunter, tout en étant un bon capacitaire certain. Le sort des hélicoptères, en particulier des NH-90 TTH, n’est pas encore connu.

Deux Griffon français, les futurs blindés de la Composante Terre, ont défilé le 21 juillet 2019 (crédit-photo Armée de Terre)

Pour la Composante Terre, l’ensemble de ses véhicules blindés (Piranha, Dingo, Lynx) mais également une partie des Unimogs et des véhicules logistiques sera remplacée. Il n’est pas à exclure que des programmes visant à redonner une capacité d’artillerie lourde ou anti-aérienne aboutissent.

52 commentaires

  1. Est-il encore temps de substituer le Jaguar 6×6 par un véhicule 8×8 « à scorpioniser », doté d’un blindage supérieur, d’une possibilité de complément au canon 40 mm (105mm,120 mm) ?

    • Avec le canon tracté de 105 mm, le 105 LG1 MkIII fabriqué par Nexter en service dans les forces terrestres de 7 pays (Belgique, Canada, Colombie, Indonésie, Singapour, Thaïlande et Malaisie), qui a été conçu pour les unités « à vocation de déploiement rapide ».

      Pouvant être remorqué par un véhicule léger 4×4, transporté par un hélicoptère moyen (PUMA ou Bell 212), voire largué par un avion de transport tactique, ce système peut être mis en batterie en moins de 30 secondes par cinq artilleurs dans « n’importe quel théâtre d’opération, aussi complexe soit-il (jungle, forêt, montagne, etc.). »

      Sa cadence de tir est de 12 coups par minute et peut tirer l’ensemble des munitions de 105 mm au standard OTAN dont la OE-LP G3 de Nexter Munitions sur une portée supérieure à 17 km », fait valoir Nexter.
      https://www.forcesoperations.com/belgique-la-composante-terre-poursuit-ses-emplettes/

    • Une cyberattaque peut remplacer les 3 coups au théâtre, on l’a vu au Proche-Orient dont la petite crise entre Arabie saoudite/Émirats arabes unis contre Qatar se tremine:
      https://www.areion24.news/2021/01/25/cyberattaques-et-actions-dinfluence-dans-la-crise-du-golfe-arabo-persique-de-2017/

      Le Koweït et l’Arabie Saoudite ont dû se montrer persuasifs:
      https://www.lorientlejour.com/article/1248237/pourquoi-les-eau-restent-sceptiques-face-au-qatar.html

      Une alliance imprévue qui marque un désengagement des États-Unis qui se redéploient vers l’Asie:
      https://www.lemonde.fr/blog/filiu/2021/01/03/2020-lannee-ou-le-moyen-orient-a-bascule/

      À l’avenir, la possibilité que les Emiratis et les Israéliens coordonnent leurs activités à Socotra, en supposant que cela n’a pas déjà commencé, pourrait avoir des implications géopolitiques majeures pour le Moyen-Orient et l’Asie.

      Une plus grande influence israélienne dans l’océan Indien pourrait faciliter l’émergence d’un «triangle Inde-EAU-Israël» qui contrarie non seulement l’Iran, mais aussi le Pakistan.

      Pour les responsables de Téhéran et d’Islamabad, une telle évolution serait gênante.

      En 2021, les analystes devront garder un œil sur la situation à Socotra et surveiller toute coordination potentielle émirati-israélienne.

      Avec le littoral de la mer Rouge – Érythrée, Puntland, etc. – Socotra pourrait être l’une des régions où nous sommes témoins de l’impact du partenariat Émirats arabes unis-Israël sur le Moyen-Orient, l’Asie du Sud et les ordres géopolitiques et les paysages de sécurité de l’Afrique.

      La guerre au Yémen est un échec, mais les affaires continuent…

  2. En matière d’hébergement aussi, il y a des efforts de fait, pour fidéliser et en insistant sur le respect des normes environnementales.

    En renonçant au nucléaire et à terme au charbon, cette question se pose avec encore plus d’acuité en Belgique:
    https://www.7sur7.be/belgique/engie-electrabel-arrete-ses-investissements-lies-a-la-prolongation-du-nucleaire~a0d7c26c/

    En attendant pour ne pas avoir de black-out cet hiver, en Fance, on remis à fond les centrales à charbon. Dont tout le monde prédit la fin d’utilisation prochaine:
    https://theconversation.com/vers-la-fin-du-king-coal-quel-avenir-pour-le-charbon-et-lextraction-miniere-151951

    En Belgique, le greenwashing bat son plein:
    https://www.rtbf.be/info/economie/detail_pour-la-1ere-fois-les-energies-renouvelables-ont-depasse-les-energies-fossiles-en-europe?id=10681785

    Le problème avec les énergies renouvelables peut être résumé en un tweet:
    https://mobile.twitter.com/FNarolles/status/1347526237850316802

    Les pojections prévoient qu’en 2050, la Belgique fonctionnerait avec 50% de gaz. Allô, les écolos ?
    https://mobile.twitter.com/GoldbergNic/status/1351845389910106115

    Autre facette du greenwashing dans l’armée, la motorisation hybride des véhicules militaires…
    https://blablachars.blogspot.com/2020/07/un-griffon-vert-en-2025.html

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