Recapitalisation du personnel de la Défense, un dossier mortel sous la pile ?

La ministre Ludivine Dedonder a marqué sa volonté de revaloriser les salaires des militaires mais la mesure tarde à se concrétiser (crédit-photo BE Défense)

Carte blanche du président du syndicat SLFP-Défense, Dimitry Modaert.

Alors que le travail en amont est déjà en cours pour faciliter un conclave budgétaire délicat, il semble malheureusement nécessaire de rappeler la nécessité d’enfin recapitaliser depuis 2003 dans le personnel des Forces Armées car les excuses ne manquent jamais pour reculer ce dossier sensible : la menace terroriste, la pandémie Covid-19 voire même un gouvernement en affaires courantes et la création du nouveau.

Parlons-en d’ailleurs de ces partis de la majorité qui avaient été plus qu’explicites dans leurs programmes des dernières élections que nous avions analysés minutieusement :

– le PS qui demandait un « véritable investissement dans les ressources humaines afin de préserver une armée jeune et motivée à même de répondre aux missions qui lui sont dévolues » ;

– le VOORUIT pour qui « le défi des prochaines années se situe dans le personnel » en stipulant même que « le salaire des militaires doit être aligné sur le salaire du personnel de la Police » ;

– le MR dont « l’objectif central de la prochaine législature est le personnel en bénéficiant de toute l’attention nécessaire et d’une politique des ressources humaines forte » ;

– l’OPEN VLD – parti du Premier – pour qui « le focus doit être mis sur le personnel » ;

– le CD&V qui veut « rendre à nouveau la carrière à la défense attractive par une adaptation du système de rémunération » ;

– GROEN qui voulait « rendre le métier militaire plus attractif » ;

– ECOLO qui scandait que « notre sécurité à un prix ».

Pendant ce temps-là, un climat de démotivation – voire de résignation – est devenu la norme au sein des troupes. Il est devenu banal de lire sur les réseaux sociaux sans le moindre anonymat que « ça fait 32 ans que l’on va s’occuper du personnel » et « promesse, toujours des promesses… comme d’habitude rien à la clé, peut-être au prochain mandat ou au suivant ».

La résolution Bayet et consorts (PS) relative à la politique des ressources humaines au sein de la Défense avait pourtant été adoptée en juillet 2020. Ce signal « fort et clair » en jargon militaire ouvrait la porte au plan « People Our Priority » (POP) communiqué en février 2021 par l’actuelle Ministre de la Défense Ludivine DEDONDER (PS) dont certaines mesures avaient déjà été initiées par son prédécesseur Philippe GOFFIN (MR). Le réalisme en négociation avec les organisations syndicales a été tel que les budgets pour ces mesures existent déjà… mais ne peuvent être pour le moment dépensés. Seules les conséquences positives pour le personnel pensionné doivent être prises en charge comme dans tout autre secteur.

La majorité, pourtant unanime dans les programmes respectifs des partis, doit enfin prendre son courage à deux mains pour la Défense et cesser de craindre des réactions d’autres secteurs pourtant suppléés en particulier en période de crise ou de grève. Alors qu’il y a eu un accord pour cette recapitalisation du personnel en Conseil des Ministres restreint (KERN) récemment en juillet 2021, il est temps d’enfin publier des mesures concrètes et urgentes dans le Moniteur Belge. Sinon, il est fort à parier la future mort d’un Département qui se videra de son personnel par manque de recrutement et pendant la carrière !

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