L’idée d’un service militaire volontaire fait son retour en Belgique

La Belgique pourrait lancer un service militaire volontaire en 2023 (crédit-photo IPR 12/13 de Ligne)

L’idée d’un service militaire volontaire fait son retour en Belgique.

En plus des annonces sur des investissements supplémentaires la semaine dernière, la ministre de la Défense Ludivine Dedonder a évoqué le retour d’un service militaire volontaire. « Cela permettra à des jeunes de suivre une formation au sein de l’armée. Cela peut être le début d’une carrière à la Défense ou simplement une belle ligne supplémentaire à leur CV. Nous devons également être honnêtes : nous n’avons plus les capacités de donner chaque année une formation à des milliers de jeunes« , a-t-elle déclaré à la presse. Ce service militaire volontaire concernerait les jeunes à partir de 18 ans qui continueraient à percevoir des allocations sociales tout en suivant une formation au sein de l’armée. Un cadre juridique est en cours d’élaboration pour une mise en place en 2023.

L’idée n’est pas nouvelle. Le précédent modèle avait été un flop. En 2010, le ministre de la Défense Pieter De Crem avait créé l’engagement volontaire militaire (EVMI). Cette filière de recrutement particulière au sein de la Défense était censée attirer les jeunes jusqu’à 25 ans. Une fois les tests réussis, les candidats étaient incorporés par ordre d’inscription. Durant les six premiers mois, les recrues touchaient une solde de 7 euros par jour et conservaient leurs allocations sociales. Après cette période, elles recevaient une solde identique aux autres militaires. Face au peu d’intérêt, la solde a été augmentée en 2014 et la période de six mois raccourcie à deux mois. L’engagement était pour une courte durée de trois à quatre ans. Il était aussi plus facile de quitter l’armée.

En 2010, 155 places avaient été ouvertes pour le statut EVMI: 140 volontaires, 10 sous-officiers et 5 officiers. Sur les 768 candidats qui avaient postulé, 103 avaient intégré l’armée mais un volontaire sur deux avait quitté la formation en cours. Seulement 34% des places ouvertes avaient été pourvues. Par la suite, les chiffres ne s’étaient pas améliorés. Entre 2010 et 2014, 840 places avaient été ouvertes mais seulement 348 places avaient été pourvues. Sur ces 348 volontaires, 10 avaient achevé leur engagement, 118 étaient passés sous un autre statut militaire et 21 étaient encore en place en 2014. De plus, 201 avaient quitté la formation avant l’échéance. En 2015, le dispositif a été abandonné. La Composante Terre était la principale concernée avec 96,2% des places ouvertes, complétée par la Composante Air (3,8%).

Le programme d’études « Défense et Sécurité » permet aux jeunes de découvrir la Défense avant de s’engager (crédit-photo Adrien Muylaert/BE Défense)

En 2013, le ministre de la Défense Pieter de Crem avait lancé le statut à durée limitée (BDL), une autre piste après le statut EVMI pour rajeunir l’armée. Le statut BDL est toujours en place au sein de la Défense. Quant à l’idée de « garde nationale » de 2016, elle avait finalement abouti sur la création de la Direction de la sécurisation (DAB), une nouvelle unité permanente de la Police fédérale qui a très peu attiré les militaires. En 2021, un programme d’alternance « Défense et Sécurité » pour le secondaire a été mis en place dans les écoles flamandes afin de permettre aux jeunes de s’immerger dans l’univers de la police, des pompiers, du gardiennage, des gardiens de prison et également de la Défense. Il comprend des cours théoriques, des visites de lieux de travail, des ateliers et des stages d’immersion. L’année scolaire prochaine, le dispositif sera également disponible dans les écoles wallonnes.

Au Luxembourg, une pétition a été lancée à la Chambre des Députés pour réclamer la réintroduction du service militaire obligatoire d’une durée entre six mois et un an (ndlr: il a disparu en 1967) au vu de la guerre en Ukraine. Elle a fait l’objet d’articles de presse mais le général Steve Thull, chef d’état-major de l’armée luxembourgeoise, a rejeté cette idée, estimant que c’était difficilement réalisable au vu de la taille et des moyens de l’armée. Après un jour, la pétition avait recueilli 114 signatures sur les 4.500 obligatoires avant l’échéance du 9 mai. Elle reste anecdotique mais l’intérêt médiatique, qu’elle a suscité, en dit beaucoup sur l’air du temps avec un retour du service militaire dans le débat public dans plusieurs pays européens.

3 commentaires

  1. Normal que cela n’as pas fonctionné ! Il y avait plus de demande côté wallon que côté flamand et P.de Crem faisait en sorte que les wallons se retrouvent en Flandre car il y a avait pénurie de personnels dans les casernes flamandes !

  2. Je pense que c’est une très bonne idée. Cela permettrait de « rediriger » le personnel professionnel vers des postes opérationnels (« en 1ère ligne ») et laisser les postes plus « planqués » (remplir les caisses de munitions, ranger les armureries, la sécurisation des accès des bases militaires, etc) aux miliciens.

    En revanche, je doute que ça marche. L’intérêt d’un milicien, c’est un faible salaire. Sauf que vu que là c’est milice volontaire, ce ne seront que des personnes qui sont déjà intéressées par l’armée. Du coup, si les conditions d’accès sont aussi dures pour les miliciens que pour les professionnels, ça ne fonctionnera pas. Vu que ce serait concrètement « comme les professionnels » mais moins bien payé, les potentiels intéressés iront juste directement dans les rangs des professionnels.

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