Le retour économique du contrat CaMo est désormais estimé à 910 millions d’euros

Des Griffons français lors de la période de camp belge de la Brigade Motorisée à Bergen (crédit-photo Vincent Bordignon/BE Défense)

Le retour économique du contrat CaMo est désormais estimé à 910 millions d’euros.

La signature du contrat CaMo en 2018 n’avait pas été un long fleuve tranquille, noyé au milieu du dossier du remplacement des F-16. Une des raisons, pour lesquelles la signature avait pris plus d’un an entre la signature de la lettre d’intention et l’approbation du Conseil des ministres, était la question des retombées économiques. Les entreprises wallonnes, surtout la FN Herstal et John Cockerill Defense, avaient fait part de leurs inquiétudes.

A la signature en novembre 2018, la discrétion restait autour des retombées économiques. En juillet 2019, une dépêche de l’agence Belga parlait d’une estimation de 889 millions d’euros à répartir à raison de 60 % pour la Wallonie et de 40 % pour la Flandre. Le groupe français Nexter annonçait au même moment avoir conclu des accords de coopération avec  FN Herstal et John Cockerill Defense (à l’époque CMI).

Un rapport français de la commission des Affaires Etrangères sur le projet de loi, qui approuvait l’accord franco-belge, évoquait également cette question des retombées économiques. « Au total, au titre de ces retours sociétaux, il est prévu que les tourelleaux téléopérés des VBMR-Griffon belges seront fabriqués par l’entreprise belge FN Herstal, et non plus par Arquus, comme dans la version française de l’engin. Cette concession, d’un montant de plusieurs dizaines de millions d’euros de chiffre d’affaires, n’est pas négligeable.(…) Par ailleurs, l’assemblage final et le versionnage des VBMR-Griffon belges seront réalisés par l’entreprise belge CMI, et non plus par Nexter. Les industriels doivent encore se mettre d’accord sur la répartition des rôles pour le maintien en condition opérationnelle et la production de munitions, lesquels n’ont pas été prévus dans le cadre du premier contrat CaMo. Nexter a, par exemple, pris l’engagement qu’une partie des obus de 40 mm destinés à l’ECBR-Jaguar seraient produits dans sa filiale belge », explicitait ce rapport de mai 2019. La filiale belge de Thales devait être aussi mis à contribution pour les radios CONTACT.

Coup de théâtre en janvier dernier puisque l’assemblage des véhicules est finalement revenue à une entreprise flamande de quoi provoquer des questionnements du côté des politiques wallons. Il n’est donc pas étonnant que le député François De Smet (DéFI) ait interrogé la ministre Ludivine Dedonder à ce sujet. « La Défense belge n’a pas été impliquée dans la prise de décision de Nexter lors de la sélection des entreprises belges. De plus, la Défense belge n’agit pas en tant que conseiller dans cette approche purement B2B », a-t-elle répondu. La nouvelle réglementation européenne ne permet plus des compensations depuis 2010. Les contrats font désormais l’objet de « retours sociétaux » en Belgique avec la signature d’accords entre industriels. « Pour la France, il importait que ces retours sociétaux soient d’une ampleur limitée au regard de la totalité du programme, et n’impliquent pas d’importants transferts de compétences et de technologies », indiquait d’ailleurs le même rapport français. John Cockerill a d’ores et déjà annoncé en février qu’il se battrait pour récupérer le contrat comme cela avait été convenu au départ.

Comme l’a précisé la ministre Ludivine Dedonder, le dossier du retour économique du contrat CaMo est actuellement assuré par le SPF Économie. « La valeur contractuelle actuelle de l’accord CaMo s’élève à 1,6 milliard d’euros et selon les données du SPF Économie, le retour économique pour la Belgique est estimé à 910 millions d’euros », a-t-elle indiqué. Des trois gros dossiers d’achat, seul celui des chasseurs de mines semble se dérouler correctement sans polémique dans le domaine des retombées économiques.

4 commentaires

  1. Est-ce que le contrat CAMO conclu en 2017 a tenu compte des conséquences d’une hausse astronomique des couts énergétiques et des matières premières sur le marché mondial ! Nexter va travailler à perte sur ce contrat, car les couts ont presque doublé depuis la signature! Et au vu de leurs actions irrationnelles posées depuis, on ne peut que se demander s’ils ne cherchent pas tout simplement à casser le contrat à perte ? Rupture de confiance, non-respect des closes contractuelles (retombées économiques et respect des zones géographiques) ; on ne s’y prendrait pas autrement pour tuer le CAMO !
    Cela risque de finir au tribunal pour récupérer les avances consenties, ce qui va prendre des décennies !
    Une nouvelle affaire franco-Belge sur fond de commandes militaires poindrait-elle à l’horizon ?

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