La contribution des pays du Benelux à la future capacité de déploiement rapide européenne

Les trois pays du Benelux ont annoncé leur contribution à la future capacité de déploiement rapide européenne (crédit-photo NL Defensie)

La contribution des pays du Benelux à la future capacité de déploiement rapide européenne.

Dans une déclaration conjointe du 6 avril, les trois ministres de la Défense des pays du Benelux se sont exprimés sur la mise en oeuvre de la Boussole Stratégique, qui a été approuvée par les dirigeants européens le 21 mars dernier. Elle a pour but de renforcer la coopération des pays de l’Union Européenne dans le domaine de la Défense d’ici à 2030. L’une des décisions est la mise en place d’une capacité de déploiement rapide pouvant compter jusqu’à 5 000 militaires.  Les trois pays du Benelux ont annoncé leur contribution à cette capacité de déploiement rapide, qui sera sur pied pour 2025 avec l’Allemagne à sa tête.

Luxembourg

Le Luxembourg fournira des communications par satellite et assurera la surveillance de l’espace. Depuis 2018, la Défense luxembourgeoise s’est lancé dans le domaine satellitaire afin d’augmenter ses investissements d’abord avec le satellite GovSat-1, dont la Marine belge a été la première à profiter. Elle a offert aussi des capacités de communication à la Minusma mais aussi à l’EUTM Mozambique ou encore à la mission de l’OTAN en Irak depuis le Luxembourg. Il y a ensuite le programme LUXEOSys, qui permet l’acquisition et le lancement d’un satellite d’observation de la Terre, qui ne se met pas en place sans remous puisque son coût initial de 168,2 millions d’euros est passé à 350 millions d’euros. La Défense belge sera impliquée dans le projet. Une partie du projet est externalisée en Belgique, le centre militaire de Diekirch ne pouvant pas accueillir les installations au sol pour le satellite. Ces dernières seront basées à Redu tandis que la programmation des images (plan d’imagerie) et du contrôle de qualité sera assurée par la Défense belge depuis son quartier général d’Evere. Quant à la gestion opérationnelle et à la maintenance, elle a été confiée à la société LUXEOps qui a remporté le marché en octobre 2021. Le lancement du satellite et la mise en service sont prévus en 2023.

Pays-Bas

La contribution néerlandaise consistera en une unité de manoeuvre de 150 militaires, des véhicules blindés Boxer et une unité médicale. Les véhicules blindés Boxer sont très largement utilisés par la Landmacht depuis 2018 en Lituanie au sein de l’opération enhanced Forward Presence. Les Pays-Bas comptent également augmenter leur participation aux missions européennes et déployer des officiers d’état-major supplémentaires au sein du quartier général militaire de l’UE.

Belgique

La Belgique n’a pas réellement précisé les contours de sa contribution qui consistera en des capacités de niche. La ministre Ludivine Dedonder a toutefois précisé que la Défense belge participerait en 2024 aux battlegroups de l’UE (EUBG), des groupements tactiques qui n’ont jamais été utilisés depuis leur mise en place en 2007 mais qui permettent des entraînements interalliés. La Belgique avait pris la tête d’un EUBG en 2018. En général, elle assume cette responsabilité environ tous les quatre ans.

« Notre coopération bilatérale et trilatérale est multiple et de longue date. Elle témoigne d’un niveau de confiance élevé. Nous espérons qu’elle pourra servir d’exemple pour une coopération militaire européenne à plus grande échelle », déclarent les trois ministres. Parmi les nombreux projets de coopération, on peut parler de l’achat conjoint de frégates et chasseurs de mines entre la Belgique et les Pays-Bas, l’acquisition de drones entre les trois pays du Benelux ou bien encore l’exploitation conjointe de la flotte d’A400M entre la Belgique et le Luxembourg.

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