Coronavirus: Les syndicats militaires craignent pour le budget de la Défense

Les syndicats militaires craignent pour le budget de la Défense avec la crise du coronavirus (crédit-photo Vincent Bordignon/BE Défense)

Les syndicats militaires craignent pour le budget de la Défense avec le coronavirus.

En plus de la crise sanitaire, le coronavirus pourrait bien déboucher sur une crise économique d’où l’inquiétude de certains syndicats, la Défense étant traditionnellement le parent pauvre du budget de la Belgique. Le syndicat ACMP-CGPM estime que le coût de la crise serait de 10 milliards d’euros au bas mot et il faudra bien trouver cette somme quelque part. « Dans un tel ‘‘contexte de coronavirus’’ budgétaire, qui oserait alors encore affirmer avec assurance que le budget de l’armée doublera d’ici quatre ans ? Ou bien, qui oserait dire avec certitude que même la trajectoire budgétaire du ‘‘Plan Vandeput’’, avec une augmentation de 50% des moyens financiers, sera encore et toujours maintenue ? », s’inquiète le syndicat. Ce dernier craint que le dernier plan ressources humaines 2030 ne voit pas véritablement le jour. Le syndicat SLFP-Défense a la même inquiétude même s’il se veut plus rassurant:« Au niveau Défense, cela engendre des incertitudes sur les budgets à venir, certainement au niveau des investissements.. Cependant, des budgets ont déjà été planifiés et sont normalement « sécurisés » pour certaines initiatives HR, comme les chèques-repas, l’allocation d’Anglais ou l’allocation d’éloignement notamment », nous a confié Dimitry Modaert, dirigeant du syndicat SLFP-Défense. L’expérience de ces vingt dernières années ne laisse pas beaucoup de place à l’optimisme.

Le syndicat ACMP-CGPM demande déjà à l’Etat-Major de la Défense de se pencher sur une telle hypothèse afin d’anticiper un scénario catastrophe. « Le personnel militaire doit par conséquent être la priorité absolue N°1 à trois points dans les prochaines années. Pour illustrer cela, il suffit de penser aux recrutements : la période de restrictions dues au coronavirus coïnciderait à peu près avec la phase initiale des recrutements 2020 pour les cadres ; il est donc urgent de procéder à des ajustements pour éviter que ces derniers soient hypothéqués », insiste-t-il. De son côté, le syndicat SLPF-Défense y voit une opportunité de recrutement:« Face à cette crise, nous pensons que la Défense a aussi un rôle à jouer. En tant qu’employeur fort du pays, la Défense est à même d’offrir des perspectives d’emploi.  Nous demandons que la limite des 2.125 recrutements pour les volontaires et sous-officiers soit supprimée pour permettre plus de recrutement dans les années à venir », explique Dimitry Modaert. Ce dernier souhaite également la même mesure pour certaines fonctions critiques, quitte à revoir la barrière de l’âge, comme c’est déjà le cas pour les médecins.

L’autre coup dur pour la Défense est l’annulation des jobdays ainsi que des activités de recrutement alors qu’une campagne d’image à tous les niveaux était en cours pour attirer de nouvelles recrues. Cependant l’autre campagne d’image réussie pourrait bien être le soutien qu’elle apporte au pays en cette période de crise. En plus des premières actions concrètes, d’autres sont en cours de planification si la situation venait à empirer.

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