Le renseignement militaire dans la lutte contre le Coronavirus

Le lieutenant-général Claude Van de Voorde commande le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS) (crédit-photo Malek Azoug/BE Défense)

Le renseignement militaire (SGRS) dans la lutte contre le Coronavirus.

Champ de bataille pour le moins inattendu, la crise sanitaire du Coronavirus représente pour autant bien un défi pour les services de renseignement. Dans un document publié conjointement par la Sûreté de l’État (service de renseignement civil) et son équivalent militaire, le SGRS (Service général de renseignement et de sécurité) en date du 21 avril, les services de renseignement belges alertent la population sur plusieurs menaces qui planent en cette période particulière.

L’extrémisme est le premier danger mis en avant. Différents courants idéologiques profitent en effet de la crise actuelle pour propager leurs idées en diffusant théorie et fake news. L’extrême droite par exemple tresse des liens entre l’épidémie et l’immigration. L’extrême gauche de son côté encourage ses militants à passer à l’action en commettant des actes violents à l’encontre des forces de l’ordre, des services pénitentiaires et des infrastructures électriques et de télécommunication (on notera qu’une antenne GSM a d’ailleurs été incendiée dans le Limbourg dans la nuit du 18 au 19 avril). Autre forme d’extrémisme, la propagande pro-russe se diffuse également, notamment via les réseaux sociaux.

Une deuxième menace présentée dans le document : la désinformation par des puissances étrangères. La Russie est encore une fois présentée comme un danger. La gestion de la crise par la Russie est mise en avant comme étant exemplaire tandis que celle des pays européens, de même que la solidarité entre eux, est critiquée.

Le troisième point d’attention est la protection du potentiel économique et scientifique. La situation économique induite par la crise conduira à de grandes difficultés pour un nombre important d’entreprises. Une attention particulière doit être donnée aux éventuelles reprises par des puissances étrangères d’entreprises actives dans certains domaines stratégiques ou de hautes technologies. Toujours dans le domaine économique, les utilisateurs de logiciel de vidéoconférence, qui connaissent une croissance exponentielle du fait du confinement, doivent être particulièrement attentif aux plateformes utilisées car elles représentent une cible de choix pour des services de renseignement étranger.

Il est essentiel que les services de renseignement collaborent dans le but de défendre les intérêts de la Belgique. La coopération entre les deux services avait été critiquée au lendemain des attentats du 22 mars alors que chacun dispose de compétences et de moyens qui lui sont propres mais qui peuvent profiter à l’autre. Une grande réforme du SGRS a lieu en début d’année 2020, réforme qui doit permettre une meilleure communication au sein du SGRS ainsi qu’avec ses partenaires, la Sûreté de l’État au premier plan.

Par nature, les accomplissements des services de renseignement sont d’une grande discrétion. Il est toutefois bon de savoir qu’ils veillent sur le pays et ses habitants.

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3 commentaires

  1. En lisant ce texte à deux fois je suis stupéfait d’ y constater une omission sans doute volontaire mais coupable au vu des événements qui semblent avoir déjà oubliés à savoir l’ extrémisme Musulman Intégriste, salafiste et activiste , c’est comme si Malbeck et Zaventhem du 22/03/2016 n’avaient jamais existés ! Édifiant, consternant , il ne m’étonne pas que ce service ait déjà du faire l’objet de nombreux changements de Direction à son Etat Major .

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