Quel programme Défense pour la coalition Vivaldi ?

Les formateurs de la coalition Vivali Paul Magnette et Alexander de Croo ont présenté les grandes lignes de l’accord gouvernemental (crédit-photo L’Echo)

Les grandes lignes du programme Défense de la coalition Vivaldi.

Les sept partis de la coalition Vivaldi (PS, MR, Ecolo, Groen, CD&V, Open Vld et sp.a) ont signé hier un accord gouvernemental. Si le casting n’a pas encore été annoncé, le portefeuille du ministère de la Défense reviendrait à un socialiste francophone. Le nom de Ludivine Dedonder a été évoquée et doit être confirmé. Depuis 2018, il était revenu à un francophone mais libéral onze ans après. Auparavant, le dernier francophone à avoir occupé ce poste était le socialiste André Flahaut qui n’a pas forcément laissé un souvenir impérissable à la communauté militaire.

La vision stratégique de 2016 de l’ancien ministre Steven Vandeput sera poursuivie (crédit-photo BE Défense)

Maintien de la vision stratégique de 2016

Les rumeurs ces dernières semaines laissaient entendre que la coalition Vivaldi détricoterait la vision stratégique de 2016 avec une baisse de moyens. S’il faut attendre les tableaux budgétaires et que le texte ne promet pas de grands investissements, le budget de la Défense ne semble pas être à la baisse. La coalition veut poursuivre la mise en œuvre de la vision stratégique tout comme celle de la loi de programmation militaire, qui est juridiquement non contraignante puisque  les crédits alloués à chaque programme doivent être inscrits annuellement dans le budget. « Le Gouvernement examine comment tracer une trajectoire de croissance d’ici 2030, afin de réaligner notre effort de défense sur celui avec les alliés européens non nucléaires de l’OTAN », explique le document. A voir concrètement alors que la vision stratégique vise d’atteindre 1,3% du PIB pour la Défense et qu’on est toujours en-dessous de 1 actuellement faisant de la Belgique l’un des plus mauvais élèves de l’OTAN.

Afin d’attirer plus de recrues, l’accent sera mis sur le bien-être du personnel (crédit-photo BE Défense)

Forte accentuation sur le bien-être du personnel

Le document met beaucoup l’accent sur le personnel. Cela va dans le sens des derniers travaux parlementaires de ces derniers mois et des premières annonces de réimplantation d’unités terrestres dans des déserts militaires. L’accord parle d’une création et d’une accélération des projets « quartier du futur » en Flandre et en Wallonie. « Garantir des moyens relatifs à l’infrastructure, à l’entretien des matériels, aux équipements individuels et à la préparation opérationnelle, devrait permettre aux forces armées de remplir leurs missions de manière soutenable et durable », souligne également le document. L’actuel vice-chef de la Défense, le général-major Marc Thys, estimait qu’il faudrait 250 millions d’euros dans l’idéal pour avoir un budget satisfaisant dans les infrastructures. La Défense a d’ailleurs préparé un plan global pour cette législature. Le document évoque la possibilité de dépense supplémentaires dans ce domaine via un plan d’investissement interfédéral.

Le remplacement des F-16 a été un dossier très polémique (crédit-photo BE Défense)

Une empreinte socialiste et écologiste sur certains axes

Certains axes du texte ont l’empreinte socialiste comme l’amélioration du cadre d’information et d’évaluation de la politique de Défense pour plus de transparence et d’implication parlementaire (missions, achats et ventes militaires, retours sociétaux, victimes civiles). Durant la dernière législature, les socialistes ont déposé une proposition de résolution pour une meilleure communication de la Défense sur les opérations à l’étranger. De ce fait, nous regrettions la disparition de la carte synthétique des opérations sur le nouveau site de la Défense ainsi que celui du matériel. Il en est de même pour un contrôle parlementaire plus étendu sur les achats militaires avec en plus une compétence de contrôle pour la Cour des Comptes. C’est le dossier du remplacement des F-16 qui est en partie concerné quand on se rappelle des tirs à boulets rouges de l’opposition qui exigeait de voir le contrat. Au passage, un audit de la Cour des Comptes a conclu que la Défense avait tout fait dans les règles. L’accent est mis aussi sur un soutien actif dans le désarmement nucléaire…sans porter atteinte à nos engagements et obligations au sein de l’OTAN, précise le texte. Un rapport direct avec les bombes nucléaires américaines dont la présence sur le territoire belge est un secret de polichinelle. Il en est de même sur le lancement  d’une initiative en vue d’arriver à un cadre réglementaire sur les systèmes des armes entièrement autonomes, en vue d’une interdiction internationale. Pas sûr que des pays comme les USA et la France soient d’accord sur ce point. En tout cas, il y a peu de chance que les nouveaux drones MQ-9B SkyGuardian de la Composante Air soient armés sous cette législature.

L’OTAN reste un marqueur fort de la politique de Défense belge malgré l’accent européen (crédit-photo Vincent Bordignon/BE Défense)

Coopération européenne et OTAN sur le plan international 

Côté classique, le texte indique que la Belgique souhaite continuer à apporter une contribution crédible au sein des Nations Unies aux efforts de maintien de la paix et de la sécurité internationales. « Nos partenaires européens et transatlantiques attendent de notre pays une capacité déployable dans laquelle la Belgique assume ses responsabilités et apporte une contribution pertinente à la sécurité collective de nos citoyens », souligne le texte. Le jeu d’équilibriste est compliqué entre une coopération européenne et l’OTAN tourné les USA. Ainsi le gouvernement s’engage pour une défense européenne effective avec le renforcement d’un « pilier européen » au sein de l’OTAN. « L’OTAN reste la pierre angulaire de la défense collective de l’Europe », est-il écrit dans le texte. De même, la Belgique restera actif au sein de la PESCO.

Pas assez souligné, le futur gouvernement s’engage à mettre fin progressivement à l’opération Vigilant Guardian en supprimant la présence militaire dans la rue. « Pour ce faire seront pris en considération la capacité en personnel de la police fédérale, l’impact de la police locale et le développement de la nouvelle Direction de la Sécurisation au sein de la Police fédérale », précise l’accord. A voir si cela se concrétisera et à quel délai mais c’est une bonne nouvelle pour la Défense qui demande depuis longtemps la fin de cette mission temporaire qui dure depuis cinq ans.

Accord-gouvernemental-Vivaldi (Défense: p.54)

4 commentaires

  1. La défense n’aura peut-être plus Mr. A. FLAHAUT qui n’avait pas laissé un souvenir impérissable mais avec la nouvelle Ministre PS et les Ecolos en embuscade ce sera pire encore . Leur anti- américanisme va pouvoir s’ y exprimer pleinement . Quant aux missions à l’étranger si l’ Armée doit ouvrir le feu elle devra préalablement en référer à la Ministre et aux ONG . Dans la déclaration des deux formateurs il ne s’ y trouve pas un mot pour notre Défense alors qu’elle participe ENCORE aujourd’hui à la sécurité ds. Bruxelles par contre pour la Police qui n’a pas été capable de gérer seule la crise du terrorisme elle est bien citée en vue d’ un renforcement c’est éloquent ! – Souhaitons bonne chance à l’ Armée qui sera le parent pauvre encore une fois sauf si des événements viendraient contredire cette déclaration qui ne semble pas rédigée en faveur des fameux 2% minimum du PIB comme l’ Otan l’ exige pourtant bien .

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