La frégate Léopold Ier intègre la mission européenne EMASOH dans le détroit d’Ormuz

Une première frégate belge est déployée au sein de l’opération européenne EMASOH (crédit-photo EMASOH)

La frégate Léopold Ier intègre la mission européenne EMASOH dans le détroit d’Ormuz.

Suite à un regain de tensions dans le Golfe d’Oman et le détroit d’Ormuz, l’Union Européenne a lancé début 2020 une mission de surveillance maritime (EMASOH) pour garantir la liberté de circulation maritime commerciale. Le volet militaire de cette mission porte le nom d’opération Agenor. Cette dernière est sous commandement danois depuis le 13 janvier dernier avec à sa tête le Commodore Carsten Fjord-Larsen. Jusqu’ici, c’était la France qui était à l’opération. 

L’opération EMASOH rassemble huit pays européens: l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, la France, la Grèce, l’Italie, les Pays-Bas, et le Portugal. Le soutien est principalement politique, la France étant la nation-cadre de l’opération. Les Pays-Bas ont été le premier pays à envoyer une frégate (ndlr: la frégate Zr.Ms. De Ruyter de type LCF) durant six mois. Le relais avait été pris ensuite par le Danemark. La Grèce y contribue aussi activement. De son côté, la Belgique n’y participait jusqu’ici qu’avec des officiers d’état-major.

Depuis cette semaine, la frégate Léopold Ier a intégré l’opération Agenor. C’est une première pour la Composante Marine qui n’a en général qu’une frégate opérationnelle sur les deux qu’elle possède. Pour rappel, la frégate Léopold Ier a quitté Den Helder le 18 février dernier pour une mission d’escorte de deux mois du porte-avions français Charles de Gaulle au sein du groupe aéronaval. Elle a embarqué à son bord un hélicoptère Alouette III pour sa dernière mission avant son retrait. Elle doit rentrer à Zeebruges à la mi-mai pour une courte escale avant de participer à un exercice international. La frégate Léopold Ier appuiera la frégate française de type La Fayette Guépratte, qui a intégré l’opération le 26 février dernier.

Le chef de la Défense belge a visité le quartier-général de l’opération EMASOH (crédit-photo EMASOH)

A la fin du mois de mars, l’amiral Michel Hofman, chef de la Défense belge, a visité le quartier-général de la mission EMASOH à Abu Dahbi lors de sa visite des troupes belges déployés à l’étranger. Sur sa page Linkedin, la mission EMASOH rappelait à l’occasion qu’en moyenne deux navires marchands belges passaient chaque jour par le détroit d’Ormuz transportant environ deux millions de barils de pétrole.

6 commentaires

  1. Je pense que le qualificatif de mission « européenne » pour EMASOH-Agenor est quelque peu exagéré, un produit de communication de la part de notre ministre française de la Défense, qui ne jure que par la coopération entre pays européens. Si l’on observe les données brutes, il s’avère que la France fournit la base navale aux Emirats et tout le support logistique à l’opération, et qu’elle a été la seule à fournie de manière ininterrompue un navire de guerre pour assurer les missions de réassurances. Seuls trois autres pays sur les 8 participants ont fournie de manière ponctuelle, pour quelques mois, un apport naval (les Pays-Bas quatre mois, le Danemark trois mois, et maintenant la Belgique) les autres se contentant de la présence d’officiers de liaisons qui sont présentés comme des « contributions » par les responsables de la Communication. Pour moi il faut parler d’une opération française de réassurance, avec des contributions européennes.

    Cependant il ne faut pas « cracher dans la soupe » non plus: j’ai bien conscience que les moyens militaires des autres pays européens ne sont pas forcément les mêmes que ceux de la France, le processus de décision pour les OPEX non plus, et le fait d’intervenir au sein d’une coalition ad-hoc en dehors d’un cadre « rassurant » type OTAN-PESDC-ONU constitue en lui-même une nouveauté. Toute coopération entre les pays est bonne à prendre, cela crée des synergies ainsi que des bases pour l’interopérabilité. A noter également que la relative facilité avec laquelle Agenor a put générer ses forces pour se lancer opérationnellement contraste avec le parcours du combattant qu’ont connus les deux autres opérations ad-hoc européennes dont on n’a beaucoup parlé l’année dernière.

    La situation dans le Golfe persique s’étant quelque peu calmée, notamment depuis l’arrivée au pouvoir de Joe Biden, je pense qu’il faudrait d’ici bientôt réfléchir à un plan de fin pour Agenor. Les moyens navaux mis à disposition seraient bien utiles ailleurs, notamment dans le Golfe de Guinée.

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