Les militaires belges quitteront prochainement l’Afghanistan

D’ici septembre, la Défense belge aura quitté l’Afghanistan (crédit-photo Daniel Orban/BE Défense)

Les militaires belges quitteront prochainement l’Afghanistan. 

Après la décision américaine de quitter l’Afghanistan en septembre prochain, les pays de l’OTAN ont décidé hier de coordonner leur retrait avec celui des Américains. Le départ des troupes de l’OTAN débutera le 1er mai pour se terminer en septembre prochain. Cette décision met fin au suspens de ces derniers mois. En février dernier, la réunion des ministres de Défense de l’OTAN n’avait pas arrêté de date définitive. Le changement d’administration américaine a changé la donne pour finalement décaler le départ du mois de mai à celui de septembre.

Fin 2020, la Belgique avait été un des premiers pays à annoncer qu’elle retirerait ses troupes d’Afghanistan en coordination avec l’Allemagne. Le retrait aurait dû s’effectuer en février mais la ministre Ludivine Dedonder avait donné ensuite une nouvelle date indiquant que le déploiement pourrait se prolonger jusqu’au mois d’avril minimum. Depuis, la Défense belge poursuivait sa participation à l’opération Resolute Support pour continuer à soutenir ses Alliés.

Après cette décision, la ministre Ludivine Dedonder a indiqué à l’agence Belga que le contingent belge rentrerait au pays d’ici trois-quatre mois. Les militaires belges étant intégrés au sein du détachement allemand, une rencontre avec son homologue allemande Annegret Kramp-Karrenbauer aura lieu ce lundi afin de coordonner ce retrait. De plus, la ministre Ludivine Dedonder a également indiqué que le conseil des ministres avait prolongé à titre conservatoire la participation belge à l’opération Resolute Support jusqu’à la fin de l’année avec un budget de 9 millions d’euros. Ce montant devrait servir à financer le redéploiement des militaire belges.

Des paras belges étaient tombés dans une embuscade en Afghanistan en juin 2009 (capture d’écran vidéo http://www.paracommando.com/)

Présente depuis 2002, l’armée belge avait retiré ses troupes terrestres d’Aghanistan en 2012 avec une contribution dans les OMLT (Operational Mentoring and Liaison Team). D’abord sous le nom d’Operation Eastern Eagle en 2005 puis d’Operation Guardian Falcon entre septembre 2008 et septembre 2014, la Composante Air a déployé entre 4 et 6 F-16 en Afghanistan. Les avions belges ont comptabilisé près de 6.000 vols pour 17.281 heures de vol et ont exécuté 103 actions de combat durant ces deux périodes. Deux C-130 avaient été aussi envoyés. En 2015, la mission Resolute Support de l’OTAN succédait à la mission ISAF et la Défense belge y participait. A partir de 2014, la Composante Terre a fourni d’abord des capacités de déminage (EOD) et de décontamination (CBRN) entre autres avec des géniaques et le SEDEE. La contribution avait évolué ensuite avec un détachement multi-sensor du bataillon de Chasseurs à cheval et un peloton scout assuré par les bataillons d’infanterie de la Brigade Motorisée. Actuellement, ce sont une centaine de militaires belges qui sont déployés en Afghanistan.

Selon des chiffres arrêtés à fin janvier dernier par la ministre Ludivine Dedonder en réponse au député Emmanuel Burton, environ 14.897 militaires belges ont participé à la mission ISAF entre 2002 et 2014. Depuis 2015,  813 militaires belges ont participé à la mission Resolute Support. Deux militaires belges de la Composante Terre sont décédés durant cette période, un en 2009 et un autre en 2012, mais pas dans des opérations de combat.

19 commentaires

  1. L’ etabishment washingtonnien s’est vanté davoir dissimuler les vrais chiffres concernant le nombre de soldats américains en Afghanistan, il s’agit bien 3 500 boys et non de 2 500 comme claironner depuis des mois :
    https://mobile.twitter.com/Emdupuy/status/1382573634326294529

    Sans compter les mercenaires:
    http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/04/14/contractors-du-centcom-22045.html

    Fermer un théâtre d’opération est une mission difficile, encore plus dure qu’une entrée en premier.

    Bon courage à vous.

  2. Pr. en revenir au titre de l’article :  » ils n’allaient qd. même pas y rester seuls les belges  » .
    Je crois même qu’ils ont intérêt à bien se coordonner avec les Américains pour ne pas se retrouver seuls avec les Afghans .
    Une drôle de guerre en tous cas où rien n’aura abouti sinon a remettre les talibans au pouvoir ce qui ne tardera pas dès le départ Occidental accompli et peut-être déjà AVANT mais ne parlons pas malheur !

  3. Après le départ des troupes soviétiques, le gouvernement afghan avait tenu 3 ans.
    Les paris sont ouverts quant à la durée de celui-ci après cette manip’…

    Puis par effet boomerang, tout au long des années 90 et en point d’orgue l’attentat du 11 septembre 2001, la presse et la politique américaine ont dû changer de discours:
    https://www.monde-diplomatique.fr/2016/02/SOUCHON/54701

    Depuis, avec la Syrie et le Libye, on a pu voir que selon le fuseau horaire, certaines méthodes perdurent:
    https://www.parismatch.com/Actu/International/Petraeus-l-idee-qui-derange-821699

  4. Les politiques et les militaires américains envoient des messages contradictoires sur l’Afghanistan:
    http://www.opex360.com/2021/04/21/le-pentagone-veut-garder-des-troupes-pres-de-lafghanistan-pour-deventuelles-operations-anti-terroristes/

    Le conflit le plus long des États-Unis, politiquement le retrait est un geste fort et lourd de menaces futures:
    http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/04/14/afghanistan-d-un-11-septembre-a-l-autre-morts-americains-22044.html

    C’est l’hubris des empires:
    https://www.revueconflits.com/ryan-balker-jonathan-schroden-quy-a-t-il-de-si-difficile-a-quitter-lafghanistan/

  5. Puisque les soldats belges travaillent le combat en montagne dans le Tyrol, des nouvelles concernant les soldats autrichiens, qui après leur retrait d’Afghanistan, pourraient bientôt être déployés en Irak où certaines mesures de déploiement avaient déjà été évaluées.

    On ne sait toujours pas quand la mission des soldats autrichiens commencera.

    Premièrement, l’OTAN doit accepter officiellement l’offre – mais il y a certainement un besoin de personnel. Augmentation massive L’OTAN mène une mission de formation en Irak, qui doit être massivement augmentée. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré en février que l’effectif actuel de 500 soldats devait être progressivement porté à environ 4 000 soldats.

    Leur mission ne sera pas une mission de combat : elle a débuté en octobre 2018 et visait à permettre aux forces armées irakiennes d’empêcher la milice terroriste «État islamique» (EI) de reprendre ses forces.

    Les instructeurs militaires irakiens en particulier ont été formés à cet effet. Le lieutenant-général danois Per Olsen est actuellement aux commandes de la mission. Les soldats impliqués viennent principalement du Canada, d’Espagne, de Pologne, d’Italie, mais aussi de pays partenaires de l’OTAN comme la Finlande et la Suède.

    Bien que le soi-disant «califat» de l’EI ait été écrasé, les attaques terroristes sont toujours à l’ordre du jour dans le pays – rien qu’au premier trimestre de l’année dernière, les terroristes ont commis plus de 700 attaques.

    Dans le même temps, de nombreux sunnites du nord-ouest du pays estiment que le gouvernement n’est pas suffisamment représenté, puisque depuis la chute de Saddam Hussein, la majorité chiite s’est rebellée et les partis chiites siègent au parlement avec une large majorité.

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