Le bataillon 1/3 Lanciers à Tournai: histoire de la création et de la montée en puissance de l’escadron Charlie

L’escadron Charlie a pris ses quartiers à Tournai en avril 2021 (crédit-photo IPR 1/3 Lanciers)

Le bataillon 1/3 Lanciers à Tournai : histoire de la création et de la montée en puissance de l’escadron Charlie.

Le 26 avril 2021, l’escadron Charlie du 1/3 Lanciers s’est installé dans le quartier Général Ruquoy à Tournai. Ce déménagement s’inscrit dans la nouvelle politique de la Défense de délocalisation afin d’améliorer la qualité de vie des militaires, d’attirer de nouvelles recrues et de lutter contre l’attrition avec un ancrage plus régional. Des trois délocalisations décidées par la Composante Terre, le 1/3 Lanciers est la seule unité francophone à en bénéficier. Rencontre avec le capitaine Tola, commandant de l’escadron Charlie.

Des travaux de peinture ont été nécessaires pour donner du caractère au bâtiment (crédit-photo IPR 1/3 Lanciers)

Les défis de la délocalisation d’un escadron

Le projet remonte à avril 2020. Le capitaine Tola a été choisi pour le mener à bien car il était l’officier le plus proche de Tournai. Son premier objectif a été de prendre les interactions pour voir ce dont il avait besoin pour l’installation de l’escadron. « La délocalisation a été chapeautée par l’état-major de la Composante Terre. Il y a eu les mêmes directives pour les trois bataillons. Un retour d’expérience du déplacement du 3 Para à Gavere a été fait mais c’est une compagnie qui existait déjà », explique-t-il. Le quartier Général Ruquoy accueille également l’école logistique de la Composante Terre qui a dû se réorganiser avec l’arrivée de cette nouvelle unité. Le bloc, où est installé le 1/3 Lanciers, était utilisé par l’école pour une partie pour des cours et pour une autre partie pour des vestiaires. Le capitaine Tola nous détaille ses principaux axes de travail dès l’arrivée de l’escadron : « En premier, il fallait trouver une méthode pour travailler avec une unité délocalisée. Aujourd’hui, il n’y a pas de perte d’informations et cela fonctionne très bien. Deuxièmement, nous nous sommes emparés des locaux pour leur donner une identité. Cela a nécessité des travaux de peinture. Le dernier point, qui est toujours en cours, c’est l’organisation des terrains d’exercice et l’interaction avec le civil. Jusqu’ici, il n’y avait pas de militaires dans la province. Le commandement militaire de la province du Hainaut est actuellement en lien avec les autorités civils pour avoir un contrat qui nous permettrait de faire des exercices en terrain civil sans délai. » L’escadron ne dispose que d’une petite plaine délocalisée à trois kilomètres du quartier, qui ne permet pas de mener de grands exercices.

L’escadron C garde des contacts avec les escadrons de Marche-en-Famenne grâce à ses cadres (crédit-photo IPR 1/3 Lanciers)

Comment sont gardés les liens avec Marche-en-Famenne

Afin de garder le contact avec le reste du bataillon, le capitaine Tola se rend une fois par semaine à Marche-en-Famenne pour garder le contact et faciliter la coordination. Des briefings se font aussi par visio. « A la réunion de commandement ou sur d’autres activités, on voit l’escadron C. Il n’y a pas une grosse différence si ce n’est qu’il y a moins de contact physique », nous expliquait le capitaine Denis, commandant de l’escadron A. La cohésion entre les escadrons se fait surtout à travers les cadres. Le lieutenant-colonel Didier Plas se déplace aussi à Tournai pour rencontrer le personnel. « Si nous avons une inspection d’armement, nous pouvons recevoir l’appui des armuriers du bataillon de Marche-en-Famenne », précise le capitaine Tola. L’escadron C bénéficie par ailleurs d’une section logistique délocalisée pour l’appui, un besoin qui a été très vite identifié comme indispensable et qui a fait l’objet d’une discussion.

L’escadron C a organisé des portes ouvertes pour se faire connaître des jeunes de la région (crédit-photo IPR 1/3 Lanciers)

La constitution de l’escadron Charlie

Pour constituer le personnel de l’escadron C, un appel d’offres a eu lieu sur toute la Composante Terre. La grosse majorité vient du 1/3 Lanciers. Le reste est constitué d’anciens des Chasseurs Ardennais, du 4ème bataillon logistique aussi de Marche-en-Famenne et une autre partie du 12/13 de Ligne de Spa. Au début, l’escadron comptait une cinquantaine d’hommes. En mai, ils étaient 85 Lanciers à Tournai et devraient atteindre les 100 au mois d’août. « L’idéal serait 150 hommes. Dans les faits, ce sera dans un an et demi. Le recrutement prend un peu plus de temps que prévu que notre mise en place », constate le capitaine Tola. Des places de soldat manœuvre ont été ouvertes par la DG HR au bataillon et pour Marche-en-Famenne et pour Tournai. Des premières recrues commencent à intégrer l’escadron C à Tournai. Des 36 recrues de la Formation Professionnelle Spécialisée (FPS), qui s’est terminée en avril, 16 ont rejoint Tournai. La formation ayant lieu à Marche-en-Famenne, cela leur permet d’avoir un premier contact avec l’autre partie du bataillon avant de rejoindre leur affectation. Pour se faire connaître des jeunes, l’escadron C peut compter sur le travail du centre d’informations de la région du Hainaut à Mons. Le 4 mai, il a organisé des portes ouvertes avec des démonstrations dynamiques à destination des élèves de 6ème ou 7ème année.

Des jeunes recrues ont déjà intégré l’escadron C à Tournai après avoir suivi leur formation à Marche-en-Famenne (crédit-photo IPR 1/3 Lanciers)

Un escadron très jeune

La moyenne d’âge de l’escadron est très jeune : 24-25 ans. Les plus anciens ont trente ans. Le plus âgé a 54 ans mais c’est le seul. Dans les pelotons, les militaires ont entre 18 et 20 ans. Pour au moins 50% de l’escadron, il s’agit de leur première affectation. « Pour les volontaires et les sous-officiers, c’était une opportunité unique de se rapprocher de chez eux. Ils sont conscients de leur chance. 40 minutes de trajet, c’est un confort en termes de vie personnelle. Il y a aussi le côté financier qui n’est pas négligeable. », se félicite le capitaine Tola. La majorité du personnel vient de la région. Ceux, qui sont les plus loin, habitent sur Bruxelles ou Charleroi.

L’escadron C était prévu pour le Mali et avait effectué une préparation (crédit-photo IPR 1/3 Lanciers)

Vers une lente montée opérationnelle

Pour que l’escadron soit déployable, il faut au minimum qu’il ait deux pelotons. La première opération, qu’a effectué l’escadron Charlie, a été l’opération Vigilant Guardian. Les hommes de l’escadron ont été les derniers militaires belges à être déployés dans les rues du pays dans le cadre de cette mission. Ils ont également participé à des missions d’Aide à la Nation en fournissant du personnel de renfort dans les centres de vaccination. L’escadron Charlie était prévu pour le Mali au sein de la Task Force Takuba, mission annulée en février dernier. Sa première opération à l’étranger devrait être la Roumanie à l’automne 2023. Une quinzaine de militaires de l’escadron s’y trouvent déjà actuellement et rentreront en juillet.

Des activités protocolaires ont lieu en commun (crédit-photo IPR 1/3 Lanciers)

Des activités entre l’escadron et le reste du bataillon

A l’occasion d’activités protocolaires, c’est tout l’escadron qui se déplace à Marche-en-Famenne. Un bus est loué pour l’occasion. Mais selon l’importance de la cérémonie et l’escadron concerné, c’est l’inverse qui a lieu. Tout le bataillon aurait dû venir à Tournai pour l’ouverture de l’escadron mais cela n’a pas pu avoir lieu à cause de la pandémie. A l’occasion de la cérémonie de remise de médailles pour leur retour de Roumanie l’année prochaine, ce sont les escadrons de Marche-en-Famenne qui devraient se déplacer à Tournai. Pour le reste, les Lanciers font le salut au drapeau chaque matin avec les militaires de l’école logistique puisqu’ils disposent de la même place d’armes.

Certaines rumeurs évoquent le fait qu’à terme, tout le bataillon pourrait déménager dans le quartier du futur à Charleroi et s’ancrer dans la province du Hainaut. Pour l’instant rien est encore acté d’autant plus que les travaux n’ont pas encore commencé et que la pose de la première pierre n’est pas attendue avant 2024.

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