La Composante Terre réimplante des unités à Gavere, Lombardsijde et Tournai

Une compagnie des Carabiniers-Grenadiers s’installera à Lombarsijde (crédit-photo 1C/1Gr)

La Composante Terre réimplante des unités à Gavere, Lombardsijde et Tournai.

La Composante Terre cherche un ancrage local

Ces dernières années, il a été souvent question de fermeture de quartiers militaires pour des questions de rationalisation. Mais face au défi immense de recrutement avec un déficit estimé de 2.000 militaires d’ici 2025, la Défense a décidé d’être plus attractif sur le plan régional et de remplir les vides dans les provinces du Hainaut, de Flandre occidentale et Flandre orientale.  Une résolution parlementaire, votée ce mercredi en commission de la Défense Nationale, va dans ce sens sous l’impulsion de la N-VA. « Le renforcement de notre ancrage local se présente comme une solution structurelle qu’il nous faut développer. Offrir une carrière à vocation locale permet notamment de mieux nous inscrire sur le marché de l’emploi », a expliqué le général-major Pierre Gérard, commandant de la Composante Terre, dans un message. Concrètement, un escadron du 1/3 Lanciers de Marche-en-Famenne s’installera à Tournai. Une compagnie des Carabiniers-Grenadiers de Bourg-Léopold déménagera à Lombardsijde. En dernier, une compagnie du 3ème bataillon de Parachutistes de Tielen ira à Gavere. Ces déménagements débuteront durant ce dernier trimestre pour le 1/3 Lanciers et les parachutistes. Celui des Carabinier-Grenadiers est retardé au deuxième semestre 2021 en raison d’une participation à l’opération enhanced Forward Presence en Lituanie selon le journal Het Belang van Limburg. A l’horizon mi-2022, ces trois unités seront pleinement opérationnelles dans leurs nouveaux locaux.

L’effort devra être soutenu par d’autres mesures (crédit-photo BE Défense)

D’autres mesures doivent appuyer cette réimplantation régionale

Du côté des syndicats, on a appris la nouvelle par la presse et on s’étonne une fois de plus de ne pas avoir été au minimum informé. On se réjouit toutefois de cette nouvelle même si on reste mesuré en attendant de voir concrètement les effets positifs ou pas. « Bien entendu, cette décision doit être accompagnée d’autres mesures déjà négociées (allocation d’éloignement, chèques-repas,…) afin de tenter d’améliorer l’attractivité du métier de militaire par rapport à d’autres secteurs de la sécurité fortement concurrentiels », explique Dimitry Modaert du syndicat SLFP-Défense. « Il est urgent de revaloriser les rémunérations, d’améliorer les infrastructures, d’augmenter les moyens pour l’entraînement et la formation, et d’avoir surtout un leadership bon et transparent, qui restaure la confiance trahie des militaires dans leurs chefs et dans l’autorité », appuie de son côté le Yves Huwart, président du syndicat ACMP-CGPM. On ne manque pas de souligner l’ironie de la situation. Alors que la N-VA se félicite de cette mesure en étant à l’initiative de la proposition de résolution, le ministre Steven Vandeput durant son mandat a défendu la fermeture de la caserne de Gavere.

Les contrôleurs aériens militaires de l’ATCC ont intégré les locaux de skeyes en décembre dernier (crédit-photo Composante Air)

Gavere aurait dû fermer en 2025

Effectivement à Gavere était stationné l’Air Traffic Control Center (ATCC) jusqu’en décembre dernier avant son déménagement sur Bruxelles pour rejoindre ses homologues civils de Skeyes. Cette unité de contrôleurs aériens militaires comprenait environ 250 hommes. Elle sera ainsi remplacée par cette compagnie de plus ou moins 75 militaires. « Beaucoup de militaires qui travaillaient dans cette ancienne unité de contrôle du trafic aérien militaire ont entre-temps volontairement quitté la Défense parce qu’ils n’étaient pas d’accord avec un déménagement planifié », avance Yves Huwart. La fermeture de cette caserne était planifiée pour 2025. Durant la crise du coronavirus, elle a servi de point de distribution logistique d’équipement médical dans la province de Flandre orientale. Le lieutenant-colonel Jo Heylens, commandant militaire de la province, soulignait alors l’importance de garder cette caserne militaire afin de pouvoir réagir en cas de crise.

Le 3ème bataillon de Parachutistes a un niveau de sélection plus élevé que les unités de la Brigade Motorisée (crédit-photo BE Défense)

Positivité sans masquer la réalité concrète

La nouvelle est positive dans le message. Cependant, elle ne doit pas masquer le fait que concrètement ce n’est absolument pas une création ou recréation d’unités. Il s’agit d’une redistribution. Avant de pouvoir parler de création, il faudra une volonté politique et plus recruter ce qui n’est pas une mince affaire quand on doit déjà combler les manques actuels. Loin de l’esprit de corps, ces unités vont être éclatées même si cela se fait dans d’autres armées. « Il sera certainement nécessaire d’affecter des cadres expérimentés sur ces nouveaux sites. Il est à espérer que ces nouvelles affectations seront volontaires et non pas imposées comme souvent dans le Département », précise Dimitry Modaert.  Plus particulièrement, les parachutistes restent une unité de combat spéciale avec un niveau de sélection plus élevé. « Il est peu probable que cette unité d’élite soit un jour au complet, étant donné les exigences physiques et mentales élevées inhérentes à la profession de paracommando », souligne Yves Huwart. Il faudra également réfléchir et travailler sur les zones d’entraînement.

Confrontée à une vague de départs et un besoin urgent de recrutement, la Défense belge cherche à avoir une implémentation locale plus équilibrée. Début 2019,  elle a décentralisé la formation pour la régionaliser.

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