Pourquoi la Belgique a préféré engager une frégate au sein de l’opération Sea Guardian

La frégate Louise Marie lors de l’opération Sea Guardian (crédit-photo BE Defence/Daniel Orban)

En 2018, la Belgique a décidé d’engager une frégate au sein de l’opération Sea Guardian de l’OTAN plutôt que l’opération Sophia de l’UE en mer Méditerranée dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. La frégate Louise-Marie vient de passer trois semaines en opération en Méditerranée entre le 12 février et le 4 mars. Explications sur les motivations de ce choix.

Une réflexion dès fin 2017

En fin d’année 2017, le gouvernement belge n’avait pas caché qu’il réfléchissait à une nouvelle participation à l’opération Sophia en 2018 après le début de polémique qui avait lieu en juillet 2017 où le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration Theo Francken avait demandé le retour de la frégate Louise-Marie à cause d’un risque d’appel d’air pour les migrants illégaux. Dans son bilan, Steven Vandeput indiquait que les objectifs n’avaient pas été atteints d’un point de vue stratégique à cause du manque d’extension dans les eaux territoriales libyennes. Le ministère de la Défense et le ministère des Affaires Étrangères menaient une réflexion sur l’engagement d’une frégate au sein de cette opération dont le coût est assez conséquent et reste la plus grosse opération de la Marine belge. Personne n’a donc été surpris du choix de ne pas engager cette année de frégate au sein de l’opération Sophia.

Un choix aux niveaux opérationnel et tactique

Du côté du ministère, on explique que le nombre limité de navires belges a obligé la Défense à faire des choix en partant du constat qu’en deux participations à l’opération Sophia, les résultats avaient été médiocres. L’interdiction d’opérer dans les eaux libyennes limite largement les possibilités pour le commandement opérationnel  d’atteindre les objectifs de l’opération. Le trafic des êtres humains doit être traité principalement au niveau des côtes mêmes. Le mécanisme de « monitoring and advising » actuellement mis en place avec la marine et les garde-côtes libyens via un nouveau plan d’opération ne permet toujours pas d’élargir le cadre opérationnel. Autre facteur déterminant dans le choix belge: la limite des tâches pour les équipages et le manque de possibilité d’entraînement avec les autres unités de l’opération ayant pour conséquence une baisse du niveau d’entrainement des marins belges dans certains domaines de compétence. La Défense a fait le choix du renforcement de l’expérience opérationnel de ces militaires.

Les équipes d’abordage de la frégate Louise-Marie à l’entraînement avant le déploiement opérationnel (crédit-photo BE Defence/Daniel Orban)

Trois phases: préparation, opération, exercice international

La participation de la frégate Louise-Marie à l’opération Sea Guardian a impliqué d’abord une période de formation en janvier au centre d’entraînement maritime de l’OTAN à Souda en Crète à destination en particulier des équipes d’abordage. Ensuite, la frégate belge a passé deux jours début février à Carthagène pour différentes réunions avec l’État-Major espagnol, qui dirigeait l’opération, et les Italiens afin de finaliser la préparation. Après trois semaines de mission proprement dite, la frégate Louise-Marie participe actuellement à l’exercice de l’OTAN Dynamic Manta 2018 de lutte contre les sous-marins durant deux semaines dans la mer Ionienne située entre le sud de l’Italie et la Grèce avant un retour en Belgique prévu pour le 30 mars. L’exercice implique 5 000 membres d’équipage de 10 pays de l’OTAN, 10 hélicoptères, 10 avions de patrouille maritime, neuf navires de surface et six sous-marins. Plus largement en participant à l’opération Sea Guardian sous l’égide de l’OTAN, la Belgique a voulu donner également une préférence aux « Standing NATO Maritime Group’s »  1 et 2 dont le premier est commandé par le capitaine de frégate belge Peter Ramboer pour une durée d’un an.

Pour autant, il ne s’agit pas d’opposer les deux opérations dont le fonctionnement est légèrement différent avec chacune ses particularités mais qui se parlent sur le terrain pour discuter de la coordination au niveau tactique et du partage de l’information dans la Méditerranée centrale comme l’explique de façon précise le site Bruxelles2. Cependant du côté du ministère de la Défense belge, on ne renonce pas définitivement à engager une unité maritime au sein de l’opération Sophia. Une nouvelle évaluation sera faite à la fin de l’année pour les opérations maritimes de 2019.

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