Remplacement des blindés: Pas de signature pour le contrat CaMo avant septembre

un piranha du 1/3 Lanciers (photo BE Defense)

Le 22 juin 2017, le ministre de la Défense Steven Vandeput annonçait que le Conseil des Ministres avait approuvé le lancement du projet d’achat pour le remplacement des véhicules blindés en coopération avec la France. Le 29 juin, le ministre signait une déclaration d’intention avec son homologue française Florence Parly, le but étant de parvenir à un accord intergouvernemental qui se fait attendre.

La date de la signature de ce fameux contrat CaMo n’a jamais été communiquée. Les pistes évoquaient mi-2018 entre juin et juillet. Certains sites français comme Secret Défense ou bien encore Le Figaro ont parlé dernièrement de la date du 21 juillet, jour de la Fête nationale. La date semblait plus que plausible correspondant au timing de départ et étant bien symbolique puisque des blindés français étaient présents au sein du défilé motorisé. En revanche, les médias belges sont restés silencieux sur le sujet ce qui laisse à penser qu’il n’en était rien côté belge.

Du côté du ministère, on est formel: le gouvernement belge n’a pas encore donné son accord pour la signature. La date du 21 juillet n’a jamais été exprimée côté belge et semble donc plus un souhait français. D’autres sources proches du gouvernement ont confirmé que le dossier n’était toujours pas passé en Conseil des Ministres. Le gouvernement et les politiques étant en vacances jusqu’au 5 septembre, il est désormais certain qu’il n’y aura pas de signature avant septembre prochain au moins. Cela correspond à la période où une décision doit être théoriquement prise sur le remplaçant du F-16 puisque les offres du RfGP sont valables jusqu’en octobre.

Des bruits commencent à parler d’un package « Scorpion/Rafale/SCAF » dont voudrait la France et qui pourrait être une offre intéressante. Vrai ou faux ? L’hypothèse, non confirmée, se défend et pourrait expliquer ce retard. « Pour moi il n’y a aucun lien entre le dossier du remplacement des blindés et celui des F-16 mais je comprends que certains commencent à faire le rapport », explique Dimitri Modaert, délégué au syndicat SLFP-Défense. L’ambassadrice française Claude-France Arnould a laissé entendre dernièrement que la Belgique ne pourrait pas participer au programme SCAF si elle choisissait le F-35. La sortie n’a pas été du goût du Premier ministre Charles Michel qui l’a recadré via son conseiller diplomatique, l’accusant de s’immiscer dans les affaires belges. « Il est vrai que la façon de faire de la France dans ces dossiers n’est pas très apprécié dans certains cercles politiques et militaires belges », commente William Testaert, porte-parole de PRODef.be.

Exercice en milieu urbain pour le 12/13 de Ligne avec le 1er régiment de Tirailleurs français au CENZUB (crédit-photo Marc Ganser – LtBn 12/13Li-IPR)

Il faut rappeler aussi que les entreprises belges comme la FN Herstal et la CMI s’inquiétaient d’être écartées du programme Scorpion et de ne pas profiter de retombées économiques en février dernier. Le ministre avait tenu à les rassurer à l’époque en indiquant que rien était signé. Les discussions semblent dures mais rien d’étonnant pour un contrat qui doit s’élever à 1,1 milliard d’euros. Lors de la signature de déclaration d’intention, l’armée belge parlait de premières livraisons en 2019 pour une mise en service en 2025. Pour l’instant, il n’y a pas d’inquiétude particulière quant à un éventuel retard. On sait que sur le terrain, loin des discussions politiques, la coopération entre les deux armées de terre est bien avancée. De plus, comme l’a indiqué le ministre Steven Vandeput à plusieurs reprises, il n’y a pas meilleur offre que le programme Scorpion actuellement sur le marché. Le contrat doit se signer.

Les plus gros dossiers de remplacement de matériel sont presque tous sujets à des complications à part celui des chasseurs de mines. L’opposition a aussi attaqué et remis en question le programme CaMo notamment sur le manque de concurrence. Du côté de la Défense, on attend surtout une bouffée d’oxygène en termes d’investissements loin des querelles politiques qui ont parfois écorné son image.

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