La fin de l’opération Vigilant Guardian passera par Anvers

Des parachutistes belges en patrouille à Anvers en décembre 2019 (crédit-photo Composante Terre)

La fin de l’opération Vigilant Guardian passera par Anvers. 

L’annonce à demi-mot du ministre de la Défense Philippe Goffin de la fin de l’opération Vigilant Guardian il y a 15 jours a immédiatement fait réagir la communauté juive d’Anvers. Dans un communiqué du 18 mai, cette dernière a marqué son opposition à la disparition des militaires du paysage car la menace terroriste est d’autant plus présente avec la crise du coronavirus. « Il n’est donc pas logique que des soldats lourdement armés disparaissent des rues du quartier juif d’Anvers. Que les soldats soient remplacés par des unités de police également lourdement armées pourrait être une option. Mais les soldats sont apparus dans les rues parce que dans le passé, la police n’avait pas suffisamment de personnel disponible pour protéger le quartier juif », explique en substance le communiqué. La communauté juive d’Anvers accorde une grande confiance aux militaires. « Ils veulent des bleus et des kakis: les bleus pour le mandat d’intervention et les verts pour la puissance de feu », nous expliquait le commandant de l’opération Vigilant Guardian, le capitaine de vaisseau Carl Gillis.  Interrogé à ce sujet, le bourgmestre d’Anvers, Bart De Wever, a indiqué au quotidien Het Niewsblad qu’il cherchait une solution au niveau fédéral et que le gouvernement devrait offrir une alternative équivalente. Ce nouvel épisode confirme un peu plus que c’est à Anvers que « se jouera » la fin de l’opération Vigilant Guardian.

Les difficultés de l’opération Vigilant Guardian à Anvers ne sont en effet pas d’aujourd’hui. En octobre 2017, un dispositif dynamique était mis en place partout en Belgique sauf à Anvers. Il faudra attendre l’été 2019 pour que cela soit le cas. La Défense a dû persuader et rassurer que ce dispositif n’incluait pas une baisse de protection. La perception, qui en avait été tirée, était qu’on ne voyait plus les militaires alors qu’ils étaient toujours là. Le plan « 200 plus 100 », qui devait amorcer la fin de l’opération Vigilant Guardian, a été le fruit de discussions entre la Défense, la police fédérale et les zones de police locale du pays. La Police fédérale est prête à prendre la suite depuis plusieurs mois mais une zone de police locale a bloqué le dossier. Il s’agit d’Anvers selon ce que nous avait confié une source proche du dossier. Depuis juin 2019, la Défense négocie avec la ville pour arriver à débloquer la situation. Pour le ministre de l’Intérieur, il faut l’accord de toutes les parties concernées pour que le plan puisse s’appliquer d’où la situation de statu-quo depuis janvier 2018. C’est tout ou rien. Le récent commentaire de Bart De Wever ne fait qu’illustrer cette information. Il lui faudra de solides garanties pour accepter le départ des militaires. Sans Anvers, le retrait des militaires des rues ne pourra pas s’effectuer.

Depuis son arrivée fin novembre dernier, le ministre Philippe Goffin a relancé le processus pour terminer l’opération Vigilant Guardian et semble déterminé à y arriver. La fin ne paraît pas encore acquise malgré sa récente déclaration.

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