Préparation opérationnelle, contrat CaMo: retour sur la période de camp de la Brigade Motorisée

Comme en 2020, près de 1.400 militaires belges de la Brigade Motorisée ont effectué leur traditionnel période de camp d’entraînement à Bergen-Hohne en Allemagne (crédit-photo Brigade Motorisée)

Préparation opérationnelle, contrat CaMo: retour sur la période de camp de la Brigade Motorisée. 

Chaque année, la Brigade Motorisée organise une période de camp à Bergen-Hohne en Allemagne. C’est le plus gros entraînement annuel de cette brigade par le nombre de militaires impliqués avec des unités de combat et des unités d’appui. Il s’agit d’une opportunité unique pour l’armée belge car le camp lui offre des conditions d’entraînement interarmes grandeur nature qu’elle n’a pas en Belgique. Cette année, il s’organisait du 14 au 29 octobre.

Le colonel Lieven Geeraert, commandant de la Brigade Motorisée, avait fixé les objectifs après un an sans exercice de ce niveau (crédit-photo Vincent Bordignon/BE Défense)

Les quatre volets du camp d’entraînement

Comme en 2020, le nombre de militaires déployés était le double des dernières éditions avec 1.400 militaires. Dans une allocution, le colonel Lieven Geeraert, tout nouveau commandant de la Brigade Motorisée depuis juillet 2021, avait fixé les objectifs avec quatre volets. « Tout d’abord, poursuivre la mise en condition et l’entraînement interarmes des détachements que nous préparons pour un éventuel déploiement à l’étranger (…) Ensuite, réaliser les tirs techniques et de qualification avec nos principaux équipements, notamment avec le Spike (…) Également renforcer la coopération internationale et l’interopérabilité (…) Et enfin maintenir l’entraînement fonctionnel dans chaque spécialité, aussi bien sur les stands de tir que sur le terrain », déclarait-il. Il s’agissait de la première grande période d’exercice-brigade depuis le confinement d’octobre 2020. Avec la pandémie, les possibilités d’exercice de grande ampleur à l’étranger se sont réduites d’où l’importance de cette période d’entraînement.

Tout l’éventail des véhicules a été déployé. Ici des Piranha (crédit-photo Brigade Motorisée)

Un point sur les effectifs et le matériel

Les deux unités piliers de l’exercice étaient le 12/13 de Ligne de Spa et le bataillon Libération – 5 Ligne de Bourg-Léopold. Parmi les autres unités impliquées, on trouve le quartier général de la Brigade, les Chasseurs Ardennais, les 1/3 Lanciers, le 4 Groupe CIS, le 3 EMI, les 18ème et 29ème bataillons logistiques ainsi que des éléments du Police Military Group et des démineurs. Des unités du Special Operations Regiment étaient aussi présentes. Environ 320 véhicules, dont 42 Piranha, 43 Lynx et 35 Dingo, étaient impliqués. Les militaires belges en surtout profité pour tirer avec leurs armes lourdes: Spike, mortiers de 60 et 120mm et mitrailleuses Mi. 50.

L’armée belge a pu effectuer des tirs avec ses armes lourdes (crédit-photo Composante Terre)

Des exercices tactiques de grande ampleur

Des exercices tactiques de grande ampleur ont lieu surtout le week-end: tirs d’entrainements et de qualifications, entrainement coordonné avec tous les éléments de la Brigade, entrainement d’un SGTIA (sous-groupement tactique interarmes) avec le 12/13 de Ligne et intégration d’un peloton français sur Griffon au sein du bataillon Libération – 5 Ligne. « Les tireurs entraînés initialement aux tirs de formation et de qualification ont atteint un niveau remarquable lors des véritables entraînements sur champ de tir. De plus, chaque entité, y compris le Quartier Général de la Brigade Motorisée, a travaillé à l’amélioration de l’entrainement fonctionnel militaire dans sa propre spécialité », s’est félicité le colonel Lieven Geeraert qui a également souligné que c’était une période importante dans le cadre du « retour à la normale » et de la reprise de leurs missions principales.

Pour la première fois, des Griffon français du 1er régiment d’infanterie ont participé à un exercice belge (crédit-photo bataillon Libération – 5 Ligne)

Préparation opérationnelle et contrat CaMo belgo-français

Concrètement, il s’agissait pour le 12/13 de Ligne de se préparer à un éventuel déploiement à l’étranger en 2022. « Son personnel a fait preuve d’un niveau d’expertise remarquable tant sur le terrain que sur les pas de tir », a souligné le commandant de la Brigade Motorisée. Selon les informations du média Forces Operations Blog, l’unité pourrait être déployée au Sahel au sein de l’opération française Barkhane mais cette idée de déploiement est un vieux serpent de mer ces dernières années et les récentes orientations françaises au Mali ne faciliteraient pas une prise de décision politique. L’autre point important était la participation d’un peloton français de 45 hommes du 1er régiment d’infanterie de Sarrebourg avec les véhicules Griffon du programme Griffon. Dans le cadre du contrat CaMo (capacité motorisée), c’est la première fois que les futurs véhicules de la Composante Terre participaient à un exercice belge. Pour le côté international de l’exercice, il faut noter aussi la participation d’un détachement luxembourgeois de 60 hommes qui a évolué de façon indépendante en tant qu’unité.

Les Lignards se sont préparés à un éventuel déploiement en 2022 (crédit-photo 12/13 de Ligne)

« Le camp a été un succès, principalement en raison de l’énorme motivation et du dynamisme de tous les participants », a déclaré le colonel Lieven Geeraert dans son bilan de la période de camp. Quelques incidents mineurs de sécurité ont lieu et seront l’occasion de points de travail, le commandant ayant bien insisté sur l’importance de la sécurité avant le camp. A quelques semaines du dévoilement du plan des opérations 2022, les unités de la Brigade Motorisée sont prêtes.

7 commentaires

  1. Pour le futur exercice « haute intensité » ORION en 2023 de l’armée française, auquel participeront des soldats belges, c’est une société canadienne qui va échafauder les scénarios:
    http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/11/01/exercice-hemex-orion-le-groupe-canadien-calian-va-elaborer-l-22559.html

    Il y avait un précédent avec l’armée de l’air:
    http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2020/07/06/prestations-d-assistance-a-l-entrainement-collaboratif-des-f-21298.html

    Du coup, il reste quoi « au coeur de métier » préservé du outsourcing ?

  2. Les Français annoncent sur un des principaux blogs d’infos militaires que la Belgique est le premier partenaire de la France dans le programme VBAE. Cela me semble un peu prématuré, pourtant cela a semble t’il été discuté en réunion de l’Assemblée Nationale ! Il ne faudrait pas provoquer une crise avec eux sur base d’un mal-entendu ! Je pense au contrat AUKUS notamment, il faut être très clair avec eux et éviter toute petite phrase maladroite!
    Prudence, prudence !
    http://www.opex360.com/2021/11/09/une-cooperation-franco-belge-pour-le-developpement-du-successeur-vehicule-blinde-leger-se-precise/#comments

    • Extrait , ils nous prennenent un peu pour des c…. outre quiévrain on dirait !
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      « Avec les Belges, les choses se passent très bien. Le projet de coopération Capacité motorisée [CaMo] permet à la DGA [Direction générale de l’armement, ndlr] d’acheter pour le compte des Belges des engins du programme Scorpion de Nexter – des Griffon et des Jaguar. Cela représente une hausse de la charge de production de 20 % pour Nexter et les industriels associés », a commencé par rappeler M. Barre.

      « Si ce projet a débuté par l’exportation de matériel français, il débouche désormais sur une véritable coopération puisque nous avons reçu l’accord des Belges pour engager avec eux le développement du futur véhicule blindé d’aide à l’engagement », a-t-il ensuite déclaré, sans livrer plus de détails [du moins, ils ne figurent pas dans le compte-rendu, l’audition ayant eu lieu à huis clos].

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