Le Quartier du Futur de Grammont dans une impasse

Depuis avril 2022, des citoyens font entendre leur opposition à l’implantation de la nouvelle caserne. (Crédit-photo : VZW Red De Godsbergkouter)

Le Quartier du Futur de Grammont se trouve dans une impasse.

Alors que tout semble se dérouler au mieux pour le Quartier du Futur sud de Charleroi, son pendant nord, le Quartier du Futur de Grammont (Geraardsbergen, en Flandre Orientale) voit son avenir de plus en plus incertain.

Le choix de son implantation est en effet source de débats tumultueux depuis deux ans déjà. Si à l’origine la compétition portait entre les communes d’Aalter et d’Alost, cette dernière fit marche arrière tandis que Grammont se porta candidate. Les vives oppositions que souleva le projet dans les deux villes retarda la décision de la Défense d’un an, qui sélectionna finalement Grammont en juillet 2022. Un choix qui se fit donc en dépit du fait qu’à Aalter, le quartier aurait été installé dans le domaine militaire d’Ursel, tandis qu’à Grammont, l’emplacement proposé est celui 70 ha de terres agricoles et d’espaces naturels récupérés sur le Godsbergkouter.

C’est pourquoi dès avril 2022, L’ASBL “Red De Godsbergkouter” s’était dressée vent debout contre le projet, lui opposant notamment la préservation des terres agricoles et de l’écosystème des environs de Schendelbeke. Ils remettent également en cause l’apport économique que permettrait l’arrivée de la caserne, celui-ci risquant de bénéficier davantage à la région environnante qu’à la commune elle-même. Très actifs, ils ont répété depuis deux ans manifestations, rencontres avec les autorités locales et campagnes de sensibilisation.

Surtout, tant l’ASBL que le conseil communal ont interpellé la ministre de la Défense à diverses reprises, jusqu’ici sans succès. Auprès de celle-ci, ils revendiquent d’une part l’entame d’un plan d’aménagement du territoire renseignant clairement l’impact qu’aurait le “Quartier du Futur” et d’autre part l’étude sérieuse d’emplacements alternatifs.

“Ici, pas de caserne”. Alors que les programmes électoraux des différents partis s’accordent sur l’effort à fournir en matière d’infrastructures pour la Défense, la localisation de nouvelles implantations ne sera pas si aisée. (Crédit-photo : VZW Red De Godsbergkouter)

L’issue de la bataille leur semblait défavorable jusqu’à ce que, lors de la séance du conseil communal du 30 avril dernier, la bourgmestre Ann Panis (Open-VLD) a fait état d’une lettre du cabinet de la ministre flamande en charge de l’environnement, Zuhal Demir (N-VA) à la ministre fédérale de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), stipulant que ce processus de planification et l’étude des alternatives doivent être menés par le gouvernement flamand, celui-ci devant encore les entreprendre. En effet, la localisation du projet serait, d’après la ministre Zuhal Demir, “en contradiction avec plusieurs objectifs de la politique flamande”. Sans plus de précisions de la part de la Défense, la commune se trouve désormais avec un projet dans une impasse sur son territoire, et regrette qu’aucune étude n’ait encore été initiée.

Pour l’association Red de Godsbergkouter, l’arrivée de cette nouvelle alliée signifie une victoire importante car peu d’endroits en dehors de Schendelbeke permettraient à Grammont l’arrivée d’une telle base. Autrement dit, dans un tel cas, le projet de Quartier du Futur devrait reprendre à zéro et trouver une nouvelle commune d’accueil.

Nul doute que c’est l’approche imminente des élections communales (et de celle des autres niveaux de pouvoir) qui a accéléré les récents événements. Alors que la ville de Grammont se recouvrait de drapeaux noirs en signe de protestation contre l’arrivée du quartier, la N-VA par l’intermédiaire de sa ministre régionale s’est faite le relais de cette colère. Dès lors, par rattrapage, l’échevin David Larmuseau  du parti “Team Geraardsbergen” (CD&V), formant le conseil communal avec l’Open-VLD, a annoncé la suspension du projet comme une “victoire”, alors même que lui et les deux partis de la majorité avaient voté pour l’arrivée de la caserne, ce qui a tôt fait de susciter les critiques de l’opposition socialiste.

En attendant, le projet de Quartier du Futur nord semble compromis et suspendu au moins jusqu’aux prochaines formations de gouvernements.

5 commentaires

  1. We zijn terug in 1932-1940. Blijkbaar dringt de urgentie bij de dames en heren politici niet door ook al komt de NATO chef persoonlijk naar de kamer. Beste mensen, van heel dat STAR plan komt niks in huis ,het is zelfs al achterhaald. Politiek geleuter en afrekeningen maken elke fatsoenlijk poging om defensie te actualiseren onmogelijk. Bouw kazernes op de lange baan ,constructie mijnenvegers veel later (covid …..uiteraard), contracten MEPAC en extra Caesars zijn nog niet eens getekend, ocharme 15 (!!!!) H145M, onbewapende drones, voor AA is men nog aan het rondkijken en overleggen, amper 60 jaguars (luxemburg 36 ex.) enz, enz….. Alles wordt nu doorgeschoven naar de volgende « regering. Onze bondgenoten gaan ons daar echt wel op afrekenen. Van alles te laat en veel, veel te weinig. Ik ben beschaamd.

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  2. Difference entre les etats-unis et la Belgiqe: aux Etats-Unis, les communes se battent « becs et ongles » pour avoir une base militaire sur leurs communes. En Belgique, c’est le contraire. Mais on voit une différence entre Wallonie et Flandre à ce sujet.

    Ce qui est triste aussi là-dedans, c’est le fait que l’Etat n’arrive plus à imposer son autorité pour raison « d’utilité publique ». Le moindre recours de l’un ou l’autre habitant fait souvent capoter les projets.

    Le meilleur contre-exemple de cela (mais pas dans le domaine militaire) est l’autoroute Bruxelles-Ostende. Si on devait refaire cette autoroute aujourd’hui elle ne serait surement pas aussi droite qu’elle l’est actuellement. A l’époque, nos gouvernements savaient prendre des décisions (expropriations…), parfois difficiles, mais fondées et utiles pour la communauté.

    Mais je fais quand même confiance à la Flandre pour trouver un terrain d’une centaine d’hectares propice aux activités militaires et bénéfique à la communauté locale.

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  3. Tout à fait d’accord avec vous Monsieur Léonard. Le politique n’arrive plus à imposer une décision nationale, tant les gens ont des Droits dans ce Pays… Je le disais dans un commentaire, il est temps que la Belgique redevienne une nation, avec un pouvoir Fédéral fort et ambitieux. Mais bon, voilà, la Belgique est ce qu’elle est actuellement avec sa lasagne institutionnelle dans laquelle nous nous engluons au quotidien.

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