Tout comme la Belgique, les Pays-Bas concentrent leurs forces en Afghanistan

Des militaires néerlandais de l’opération Resolute Support à Mazar-e-Sharif en août 2017 (crédit-photo NL Defensie)

En 2019, les Pays-Bas vont se retirer de la MINUSMA au Mali et diminuer leur contribution en Irak pour concentrer leurs forces en Afghanistan. Une décision similaire à celle prise récemment par la Belgique.

Retrait de la MINUSMA et contribution moins conséquente en Irak

En juin 2018, la ministre de la Défense néerlandaise Ank Bijleveld annonçait que les forces néerlandaises se retireraient de la MINUSMA à partir du 1er mai 2019. Selon un rapport de la Cour des Comptes, cette mission impactait trop l’ensemble des missions de la Défense néerlandaise. Des années d’austérité et l’accroissement de différentes menaces ne permettent plus à l’armée néerlandaise de mener plusieurs missions importantes de front. Selon ce même rapport, l’armée doit se concentrer désormais sur des missions prioritaires justifiées. En septembre dernier, le gouvernement a aussi annoncé que les F-16 se retiraient définitivement de la coalition internationale en Irak en décembre prochain. Auparavant cela avait été également le cas au printemps dernier pour les forces spéciales qui sont désormais déployées en Afghanistan. L’armée néerlandaise restera toutefois présente en Irak avec deux conseillers militaires et quatre experts militaires, qui pourront être maximum vingt, comme cela a été voté par la Chambre hier.

Priorité à l’Afghanistan

Parallèlement, les Pays-Bas ont voté en juillet dernier l’extension de la mission en Afghanistan. Le détachement néerlandais au sein de la mission de l’OTAN Resolute Support passera de 100 à 160 hommes. Contrairement aux années précédentes, le gouvernement néerlandais a fait le choix de prolonger la mission sur de plus longues années jusqu’en 2021 pour une meilleure efficacité opérationnelle et faciliter la planification des opérations militaires. Les Pays-Bas jugent la situation sécuritaire préoccupante en Afghanistan qui pourrait redevenir une place forte du terrorisme islamiste. Ils veulent appuyer l’accroissement voulue par le gouvernement afghan des forces armées afghanes avec un doublement des forces de sécurité spéciales afghanes d’ici 2020 et un renforcement de l’armée de l’air afghane.

Le lieutenant-amiral Rob Bauer, commandant des forces armées néerlandaises, a rendu une visite-éclair au détachement néerlandais en Afghanistan le 18 novembre 2018 (crédit-photo NL Defensie)

Les forces spéciales néerlandaises de l’Irak à l’Afghanistan

Dans ce cadre, les Pays-Bas fournissent un détachement de forces spéciales à la demande de l’OTAN et des Etats-Unis depuis septembre à Mazar-e-Sharif. Ce déploiement se fait en collaboration avec l’Allemagne. Les deux pays forment une unité chargée de former les forces spéciales afghanes: le SOAT (Special Operations Advisory Team). Le détachement néerlandais du SOAT comprend des forces spéciales et des troupes d’appui: service de déminage, génie et renseignement. Le SOAT forme plus particulièrement une nouvelle unité de police spéciale afghane l’ATF 888 qui doit comprendre 465 hommes. Il n’a pas vocation à des missions offensives sur le terrain. Il se charge de guider l’unité et de la conseiller notamment sur la planification et l’exécution d’opérations en plus de la formation. La contribution néerlandaise comprend également un détachement médical d’une vingtaine de soldats et une unité de protection d’une trentaine de soldats chargée d’assurer la sécurité des conseillers du TAAC-N (“Train, Advise, Assist Command-North”). Le gouvernement néerlandais estime le coût global de ce déploiement entre 2018 et 2021 à 106,5 millions d’euros.

Comme présenté la semaine dernière dans le plan des opérations 2019, la Belgique se retirera pratiquement de l’Irak pour déployer un détachement plus conséquent en Afghanistan avec l’envoi de 135 hommes du Special Operations Regiment à partir de septembre 2019 pour un an. De son côté, le Luxembourg a prolongé en juillet dernier sa participation à l’opération Resolute Support jusqu’en juillet 2020 avec un détachement de 2 militaires dont un chauffeur déployé dans un peloton « Mouvement et Transports » composé principalement d’Allemands sous commandement belge. Le gouvernement luxembourgeois a par ailleurs renoncé à envoyer un détachement en Irak en juin, se contentant d’un soutien à distance.

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