Chasseurs de mines: La Belgique signe officiellement le contrat avec Belgium Naval & Robotics

Le schéma des nouveaux chasseurs de mines qui équiperont la Marine belge dans les années à venir

Après avoir annoncé le nom du gagnant mi-mars, la Défense belge a officiellement notifié hier le contrat au consortium français Belgium Naval & Robotics pour le remplacement de ses chasseurs de mines.

La signature du contrat a été retardée après le recours introduit par le chantier Engine Deck Repair (EDR) d’Anvers auprès du Conseil d’Etat. Il a été rejeté au début du mois et rien n’empêchait plus la signature après l’accord du parlement néerlandais. La signature est intervenue à quatre jours des élections fédérales qui doivent permettre de former un nouveau gouvernement. Le contrat se finalise sur le fil.

« Belgium Naval & Robotics, fort de l’expertise reconnue de Naval Group, propose un navire militarisé de 2800 tonnes spécialisé dans la guerre des mines avec des caractéristiques militaires (discrétion acoustique et électromagnétique, résistance aux chocs) parfaitement adaptées à l’emploi opérationnel visé par les marines belge et néerlandaise. Ce navire intègre notamment un système de mise en œuvre et de récupération pour les Unmanned Surface Vehicles (USV) INSPECTOR 125 d’ECA Group », explique le communiqué du consortium. La solution inclut entre autres des Autonomous Underwater Vehicles (AUV) A18-M, des sonars remorqués T18-M et des Mine Identification & Destruction Systems (MIDS) composés de Remotely Operated Vehicles (ROV) SEASCAN et KSTER-C selon les précisions du consortium. Comme nous l’avait expliqué en octobre 2017 le lieutenant-général Rudy Debaene, commandant de la DGMR, la Belgique cherchait une solution intégrée et un partenaire industriel qui livrerait un produit complètement abouti et qui aurait à sa charge la recherche de sous-traitants en cas de besoin. Il faut rappeler que le choix s’est fait en étroite collaboration avec le Defensie Materieel Organisatie (DMO), l’équivalent néerlandais de la DGMR.

Le consortium Belgium Naval & Robotics promet la création de 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et de 7000 emplois en Belgique sur 20 ans. Les retours économiques sont répartis à hauteur de 50% en Flandre, 35% en Wallonie et 15% à Bruxelles. En plus de la création d’un centre d’excellence industrielle dans le domaine de la lutte contre les mines marines, une usine de production de drones (1550 drones dont 1300 drones sous-marins de destruction de mines) verra le jour à Zeebrugges. La maintenance des navires y sera d’ailleurs réalisé en partenariat avec Flanders Ship Repair (FSR). La maintenance des drones navals sera aussi réalisée à Zeebrugges en fonction des besoins du client qui dispose déjà de moyens de maintenance au sein de sa base navale. « Le plan de coopération associé au contrat intègre déjà 39 partenaires belges et la notification du contrat va permettre de finaliser les derniers pour arriver à une cinquantaine d’accords », indique le communiqué.

Le contrat belgo-néerlandais pour les chasseurs de mines était très convoité. « La marine belge et néerlandaise étant une référence en déminage sous-marin au sein de l’OTAN, le choix de notre consortium est un atout majeur à l’export (…) Ce nouveau succès en Belgique devrait générer de nombreuses retombées commerciales à l’export dans les prochaines années. Les drones destinés à ces clients seront produits par ECA Group en Belgique. De même, Naval Group prévoit un nombre important de ventes complémentaires de navires de chasse aux mines dans un avenir proche », s’est d’ailleurs félicité le consortium dans ce même communiqué. L’industrie néerlandaise et le groupe Damen s’étaient dit très déçus de ne pas avoir remporté le contrat car conscients de la plus grande perte que cela signifiait.

Le contrat de près de deux milliards d’euros, dont 1 milliard pour la partie belge, durera dix ans. Après une phase de design de trois ans, Belgium Naval & Robotics  lancera la phase de production des navires et des systèmes de drones avec une première livraison attendue en 2024. À partir de 2025, des navires seront ensuite livrés en alternance aux Pays-Bas et à la Belgique. La dernière livraison est prévue pour 2030.

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