Vers la dissolution du 80 UAV Squadron

Le 80 UAV Squadron, qui exploite le B-Hunter, est amené à disparaître (crédit-photo Michael Moors/BE Défense)

Avec le retrait du B-Hunter, le 80 UAV Squadron est amené à disparaître. 

Parallèlement à l’annonce de la diminution des plans de vol des versions TTH du NH-90, la Défense a également annoncé le retrait de service anticipé des drones B-Hunter. Acquis en 1998 en remplacement des drones Epervier de conception nationale qui équipent la Défense belge depuis le milieu des années 1970, le B-Hunter est la variante destinée à la Belgique du RQ-5 Hunter, fabriqué par un consortium regroupant la Sonaca, Thales et l’israélien IAI/Malat (la branche dédiée aux drones de l’industriel). Trois systèmes, composés chacun de 6 drones et de deux stations au sol, ont été livrés à partir de 2002 et sont admis en service actif en 2004 au sein du tout nouveau 80 UAV Squadron, héritier du 80ème Bataillon d’artillerie qui avait récupéré en 1989 les drones Epervier. En juillet 2004, le 80 UAV Squadron est transféré à la Composante Air.

L’unité sera rapidement déployée en 2005 en Bosnie et en 2006 au Congo mais son principal théâtre d’opération reste la Belgique. Depuis 2008, les drones B-Hunter participent à la lutte contre la pollution en mer du Nord au profit du SPF Santé public, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement et en collaboration avec les services des Douanes et de la police fédérale (opération Silent Watch). Le 80 UAV Squadron a également été impliqué dans l’opération Vigilant Guardian à la suite des attentats du 22 mars en effectuant des missions de surveillance au-dessus du port d’Anvers. Treize appareils sont encore en service et étaient supposés commencé à sortir de service avec l’arrivée des premiers drones MQ-9B SkyGuardian.

Cependant, tout s’est accéléré avec l’annonce du retrait anticipé de service des B-Hunter. En effet, dans son communiqué, la Défense explique : « Le B-Hunter actuel a une faible disponibilité et ne répond plus aux normes et aux exigences des théâtres opérationnels actuels. Une mise hors service anticipée permettra au personnel de se préparer de manière optimale au déploiement prévu en 2023 du MQ-9B SkyGuardian et de renforcer d’autres systèmes d’armes ». Le retrait est avancé de quatre mois.

L’aspect humain n’est pas négligé. « Face à cette profonde transformation et ce défi extraordinaire dans le domaine des ressources humaines, une période de reconditionnement est donc impérative. Elle doit permettre de stabiliser, de recruter de nouveaux collaborateurs, d’intégrer de nouvelles capacités, d’investir dans de nouvelles infrastructures en cours de rénovation et de relever les défis futurs avec l’énergie nécessaire » continue le communiqué. Ce sont en effet les 120 membres du 80 UAV Squadron, dont une partie est germanophone, qui vont avoir à prendre des décisions quant à leur futur. De sources syndicales, on apprend qu’un délai d’un mois a été laissé aux membres du personnel pour décider d’une nouvelle affectation. La Défense prévoit de les redéployer vers les futurs appareils F-35A et MQ-9B.

D’autres sources indiquent que les militaires du 80 UAV Squadron n’auront pas la priorité pour travailler sur le nouveau système du MQ-9B SkyGuardian et pourront être affectés dans toute la Composante, contrairement à ce qui avait été promis au départ. Comme l’indique le communiqué, la maintenance du nouveau matériel se fera via de l’outsourcing et nécessitera moins de personnel militaire. Les mutations seront effectives et définitives dès le mois d’octobre. Pour l’instant, seuls trois officiers du 80 UAV Squadron sont assurés de travailler sur le MQ-9B SkyGuardian et seront affectés à Evere au sein du Working Group Male (WG MALE) en attendant son arrivée en Belgique d’ici 2023. Officiellement, l’unité du 80 UAV Squadron est mise en veille mais dans les faits, on se dirigeait simplement vers une lente dissolution.

Point positif rappelé par le chef de la Composante Air, le général Vansina à la Libre Belgique, la base aérienne de Florennes devrait être la seule à accueillir les futurs drones MALE et être la première à recevoir les nouveaux avions de combat (avant celle de Kleine-Brogel). Elle reste donc une base importante de la Composante Air belge.

11 commentaires

  1.  »Out Sourcing », les responsables belges n’ont plus que ce mot à la belge alors que l’expérience à prouvés aux Etats-Unis et ailleurs que les prestataires  »privés » sont souvent plus chers et moins disponibles que des militaires affectés à une mission.

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